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jeudi 7 avril 2016

Sirius de Jonathan Crown

240 pages
21 janvier 2016
Presses de la Cité


Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux Etats-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l'Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s'acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n'ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu'un tour de magie échoue et le fait "réapparaître" à Berlin. Il sera alors le dernier confident d'Hitler...


Sirius est un ovni dans les livres sur la Seconde Guerre Mondiale. J'étais dubitative avant de commencer, je l'ai refermé le sourire aux lèvres. C'est assez inhabituel de trouver une histoire aussi atypique retranchée dans une époque meurtrière.

Levi est un chien intelligent qui vit avec son maître et sa famille. Ils habitent tous Berlin. Mais quand le nazisme monte, on leur propose de partir vivre à Hollywood. Levi aura changé de prénom entre temps, pour faire moins "juif". On l'appelle désormais Sirius.

Et là, c'est le début d'une nouvelle vie pour notre héros. Destin hors norme, histoire loufoque, parallèle avec la montée hitlérienne qui met quand même une certaine pression à cette histoire. Il nous est obligé de ressentir certains moments d'une façon assez tendue... Mais l'auteur nous remet en place avec le beau Sirius et son intelligence qui le fait devenir la coqueluche américaine.

C'est frais, spécial, joyeux et grave en même temps, et je suis bien contente de ne pas être passée à côté de ce roman. Moi qui aime lire des histoires sur cette époque, je l'ai appréhendée d'une autre manière, et c'est tout à l'honneur de Jonathan Crown.

J'ai particulièrement aimé le dénouement, et tous les moments où Sirius, devenu Hansi pour son retour en Allemagne, partage les derniers instants du Führer.  

N'hésitez pas à vous laisser tenter !

mercredi 16 septembre 2015

Le doute de S.K. Tremayne

380 pages
2 septembre 2015
Presses de la Cité



Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft décident de tout recommencer en changeant d'environnement. Ils rejoignent alors une petite île écossaise qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus. 
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu ; Kirstie, leur fille survivante, se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant…

Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux sœurs a trouvé la mort ? 



Après avoir refermé le livre, j'ai eu l'impression d'avoir "bâclé" ma lecture au moment du dénouement tellement je voulais savoir, comprendre. Je suis restée sur ma faim en quelque sorte. Je ne m'attendais pas à ce genre de fin, plus à quelque chose de plus fantastique, limite irréel tellement on frôle le paranormal dans ce livre. De ce fait, je ne sais qu'en penser. Je suis assez dubitative... Ce mélange de prénoms avant l'épilogue m'a finalement larguée, comme si j'avais eu l'impression que le narrateur se perdait en même temps qu'il cherchait à semer le trouble en nous. C'est sûrement ce sentiment qui m'a laissé un goût amer en le terminant.

Dès le début, la couleur est annoncée : non seulement nous doutons de l'identité de cette enfant, mais la mère nous en fait part très rapidement, et se refuse à admettre qu'il aurait pu y avoir une confusion entre ses jumelles. Est-ce Kirstie qui est tombée du balcon ou Lydia ? Et sans cesse ce doute sera dans notre tête. Tout est là pour nous embrouiller : les confidences du père, Angus, ses réelles pensées que l'on peut interpréter comme bon nous semble, les faits qui sont apportés par l'enfant vivant, les mensonges qu'ont croiraient vrais, les révélations de la mère, Sarah. Bref, c'est le style typique du thriller qui va vous entraîner au dénouement sans que vous ayez eu le temps de voir les heures passer, ou qui vous a poussé à faire nuit blanche car "il fallait que vous sachiez pour pouvoir dormir en paix !"

Hormis la fin, j'ai beaucoup aimé ce livre, vraiment. Tout a imprégné mon esprit, et c'est vraiment par manque de temps que je n'ai pas pu le lire aussi rapidement que je l'aurais voulu. C'est angoissant, et quand on pense que cela va se calmer un peu, la petite demoiselle (Lydia ou Kirstie) va revenir à l'assaut avec quelque chose qui marquera le père, la mère, le récit, le lecteur.

Honnêtement, ce roman vaut le détour. Déjà que sa couverture est déstabilisante de sobriété, de beauté et d'angoisse (je ne sais pas pourquoi mais cela m'a de suite fait penser aux vieux films d'horreur de Dario Argento ou John Carpenter...), le reste de l'œuvre tient, à mon sens, bien ses promesses !