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mardi 13 décembre 2016

Journal d'une spasmophile de Sophie Michell

114 pages
31 décembre 2015
The Book Edition



Journal d'une jeune femme spasmophile qui tente de se débattre contre les préjugés qui entourent son "mal".

Ce journal est une façon de sensibiliser l'opinion publique et faire connaître la vraie spasmophilie, celle que les spasmophiles vivent au quotidien, pas celle que les médecins et le monde social croient connaître !


Je connaissais que peu ce mal (que l'on me faisait confondre avec la tétanie il y a une dizaine d'années alors que cela n'a rien à voir) et lorsque j'ai vu lors d'un salon du livre qu'une auteure avait écrit un journal à ce sujet, je me suis un peu plus penchée sur le problème, sur mes lacunes. Et après l'avoir lu, je ne saurai que le conseiller.

Je ne connaissais pas cette fausse dimension qui était donnée à cette maladie. La spasmophilie n'est pas une maladie psychosomatique comme beaucoup le pensent apparemment, mais un véritable mal qui est installé dans le corps et qu'il est encore difficile de soigner, mais surtout impossible de guérir de nos jours, car la cause de cette maladie n'est pas encore bien (re)connue des chercheurs.

Sophie Michell dresse dans son journal une vision complète sur la spasmophilie et comble les points de notre ignorance ou de nos a priori. Et je tiens à préciser qu'il y a aussi une vraie place pour une autre maladie erronée elle aussi encore aujourd'hui : la fibromyalgie.

Personnellement, j'ai toujours pensé que la spasmophilie était une vraie maladie, pas un résultat de troubles psychiques... J'aime beaucoup de ce fait que Sophie Michell rétablisse cette vérité. À travers 114 pages, elle dresse le portrait de ce syndrome et fait souvent le lien avec l'autre syndrome qu'est la fibromyalgie. Je ne saurai donc que conseiller fortement cette lecture à tous ceux qui critiquent les spasmophiles et les fibromyalgiques, mais aussi à ceux désireux de comprendre ce que notre entourage endure chaque jour. Je connais 3 personnes qui subissent cela au quotidien et il était temps pour moi de comprendre, au moins...

Bravo à Sophie Michell pour son courage dans cette entreprise, tant par cet écrit que par son combat personnel (qui se veut aussi universel).

En vente ici : The Book Edition

Sa page facebook : Journal d'une spasmophile


vendredi 22 avril 2016

Deux petits pas sur le sable mouillé d'Anne-Dauphine Julliand

249 pages
25 mai 2013
J'ai Lu


Tout commence sur une plage, quand Anne - Dauphine remarque que sa fille marche d'un pas hésitant. Après une série d'examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. L'auteur lui fait alors une promesse : " Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d'amour. " Ce livre raconte l'histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu'un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on ne peut pas ajouter de jours à la vie.


Je ne sais pas si l'impact aurait été aussi fort si je n'avais pas été maman en lisant ce témoignage. Ayant 3 enfants, dont une petite dernière de 20 mois, j'ai été bouleversée par ce que je lisais de la première à la dernière page. Et le manque s'est manifesté car j'avais besoin de connaître leur vie aujourd'hui. Je compte lire le second livre bientôt.

Anne-Dauphine et son mari ont 2 jeunes enfants, Gaspard et Thaïs, et bientôt une autre petite fille va pointer le bout de son nez. Mais le verdict tombe : Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline et ses jours sont comptés. Les parents sont porteurs sains du gène. Et là où ils doivent prendre les devants, c'est pour leur petite dernière, encore dans le ventre de la maman. Si elle est aussi atteinte, il faudra aller au-delà des limites, accepter les possibilités d'opérations, de greffe... Et c'est le début d'un très très long combat pour grappiller des instants de vie, quelques jours de plus en famille, encore et encore... Et tout est à la fois éprouvant pour les parents et une bénédiction que leurs enfants soient encore en vie, chaque jour qui passe, sachant que la fin s'approche inévitablement.

Cette histoire vraie est pourvue d'humanité à chaque page, Anne-Dauphine exprime une lutte quotidienne. Elle doit accepter le fait que la maladie fait partie de sa vie à jamais et qu'il faut profiter des moments présents en se posant le moins de questions. Son couple réussit à se solidifier avec toutes ces épreuves, et c'est probablement ce qui les amènera tous les deux à aller de l'avant par amour pour les uns et les autres.

Un livre-courage, un livre qui va soutenir les parents confrontés à de telles maladies, prêtes à enlever nos enfants, à les faire souffrir. Un exercice magistral de la part d'Anne-Dauphine Julliand. Bravo à elle.

  

mardi 30 juin 2015

Les anges ne meurent jamais de Bérengère de Bodinat

255 pages
25 mars 2015
Editions Flammarion


Un soir d'été, Adrien, quatre ans et demi, pose à sa mère cette question troublante : "Maman, tu crois qu'un jour j'aurai cinq ans ?" Quelque temps après, alors qu'elle est partie en voyage, un drame survient dans la maison de famille... Adrien n'aura jamais cinq ans. Des années plus tard, à l'issue d'une véritable enquête, elle parviendra à vaincre le non-dit familial et à reconstituer les événements de cet après-midi tragique. Les témoignages divergents mais aussi une énigme cachée dans une boîte rouge prendront alors une résonance stupéfiante. Au fil de ce parcours initiatique, avec des mots simples mais magnifiques, Bérengère de Bodinat nous fait partager ses prémonitions, le gouffre de l'absence, l'incrédulité et l'impossible deuil. Mais, surtout, elle nous révèle les signes, les rêves, les sourires et les messages lumineux d'Adrien qui n'a cessé de lui parler depuis l'au-delà. Le lien d'amour extraordinaire qui unit une mère et son enfant malgré la mort et la séparation. Ce récit bouleversant, traversé par le surnaturel, est un message universel d'espoir et d'apaisement.


Attention, ce livre est une petite bible. Il aide à prendre sur soi, faire prendre conscience de la réalité et montre que la mort n'est pas une fin. Bérengère de Bodinat a perdu son fils de 4 ans et demi alors qu'elle était partie à l'étranger et que ses deux enfants logeaient chez sa mère.

Le début m'a pourtant un peu perdue. Je m'attendais à aller plus de l'avant, et ne pas tourner en rond autour de cette perte. Cela passe beaucoup par les impressions, les sentiments de l'auteure. Mais au final, j'ai vraiment tout aimé. J'en ai oublié mes impressions de départ. Je suis concernée par ce sujet de près et de loin, et je pense que c'est un minimum pour ressentir tout le bénéfice de ce récit. Ou être maman, tout simplement. Craindre la perte d'un enfant et constater les ravages que cela exerce sur un être.

Il n'y a pas besoin d'être croyant pour lire et apprécier ce livre. Je suis athée avec un esprit ouvert, je peux donc comprendre et me poser moi-même des questions sur ce que Bérangère a découvert. C'est très important : un esprit fermé ne comprendra pas ce qui est écrit et les reniera même. Personnellement, je crois en ce qu'elle dit. Peut-être pas dans la totalité mais pourquoi pas ?

Je salue et félicite Mme de Bodinat pour avoir traversé ces années et avoir cru en elle, en ce qu'elle était en train de vivre.


Je remercie aussi fortement Babelio et les Editions Flammarion de m'avoir sélectionnée pour la lecture. Les anges ne meurent jamais m'a vraiment chamboulée et je pense qu'il fera du bien à une maman amie qui vient de perdre son bébé. Pour moi, il fera partie de mes livres-références.

jeudi 27 novembre 2014

Les mots qu'on ne me dit pas de Véronique Poulain

144 pages
20 aout 2014
Stock


« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.


C'est le premier livre que je lis dans ce domaine. Véronique Poulain a vécu avec des parents atteints de surdité, alors qu'elle-même entend très bien. Elle nous raconte son quotidien à leurs côtés depuis sa naissance et nous parle aussi d'eux vivant de leur mieux avec ce qui leur manque. J'ai été très attentive à cette lecture car j'ai beaucoup appris de ce que pouvait être la vie avec ce sens en moins et ce que cela peut engendrer autour de soi.

Le récit de l'auteure a un ton très convaincant. Elle réussit très bien à faire passer ses sentiments. Sa vie n'a certes rien de dramatique, mais elle n'est tout de même pas si évidente que cela. Véronique a eu besoin de s'adapter à chaque instant, ou de finir par exploser et rétablir certaines choses que ses parents ne pouvaient pas comprendre. Elle raconte toute cette vie hors du commun avec beaucoup d'humour. Cela donne un charme à ce livre. Mais cela ne pourrait pas plaire à tous. Elle dédramatise le handicap mais rétablit aussi certaines vérités. On peut sentir qu'elle avait besoin de passer par l'épisode "écriture".

Je tiens tout de même à préciser que ce livre n'est pas un témoignage avec de vrais chapitres. Ce sont plutôt des bribes d'histoires, des souvenirs parsemés, et cela peut paraître saccadé pour certains lecteurs. C'est ce qui m'a un peu déplu au bout d'un moment. Il était dur d'abandonner un petit récit pour en entamer un autre, de but en blanc.

Je remercie Anne Sophie de m'avoir fait découvrir ce témoignage. Je l'ai trouvé vraiment très intéressant et il représente  un domaine que je ne connaissais que trop peu, comme la majorité des gens.



Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.


samedi 17 mai 2014

Le pouce gauche de Monique Archen

241 pages
31 janvier 2014
Persée


Pendant 9 ans, Nathalie slalome avec sa sclérose latérale amyotrophique (SLA) pour aller droit dans le mur. Les yeux et le pouce gauche sont ses seuls moyens de communication. Sa famille va tout faire pour lui rendre la vie belle, tout en se préparant à l’inéluctable. À l'inverse d'un récit dramatique, ce livre retrace l'histoire d'une solidarité indéfectible face à la maladie et la complicité exemplaire entre deux sœurs. 


Ce livre est bouleversant. Je ne cache pas que j’ai arrêté ma lecture avant les dernières pages pour penser à autre chose et passer ce cap sans trop de larmes… Monique Archen a fait ici un travail qu’elle a dû trouver tellement éprouvant…

Nathalie est l’aînée d’une famille de 2 enfants. Elle décide de reprendre le flambeau en travaillant dans l’entreprise de son père. Elle s’épanouit dans sa vie professionnelle et elle ne souhaitera nullement avoir une vie de famille, ni une vie privée. En pleine possession de ses moyens, elle va passer du rêve au cauchemar… Mais elle ne remarquera rien de suite. Son corps va émettre des dysfonctionnements petit à petit, étranges certes, mais pas assez alarmant pour qu’elle y porte une grande importance. Et quand elle se décidera à consulter, on ne saura trop quoi lui dire… En tout cas on ne reconnaîtra que des maladies bénignes ou pire… un trouble psychologique qui se répercuterait à travers ces soucis physiques qui se développent.

Lire toute cette descente en enfer m’a bouleversée. Voir la santé de Nathalie se dégrader au fil des pages, c’est très éprouvant. Et encore… Difficile de trouver les mots adéquats pour une telle histoire…

Ce témoignage est intense. Et je ne regrette pas de l’avoir lu. On y sent un lien tellement fort entre les deux sœurs, Nathalie et sa cadette Caroline… Ce livre est vraiment un très bel hommage à toute cette famille. Et toutes mes pensées vont vers eux.

Je remercie très fort Les Editions Persée  et le forum Au Fil des Pages de m’avoir permis de découvrir cette histoire…

dimanche 16 mars 2014

De la rage dans mon cartable de Noémya Grohan

160 pages
15 janvier 2014
Hachette Romans


Quand une expérience de vie traumatisante se transforme en devoir de témoigner et de s'engager. Chaque année en France, un enfant sur dix est victime de harcèlement au collège (chiffres officiels site Agir contre le harcèlement à l’École). Durant ses années de collège, Noémya a subi tout ce qui fait le quotidien des élèves harcelés : les brimades régulières, l’isolement systématique, le poids de la honte, les reproches faits à soi-même de ne pas avoir su réagir aux attaques, l’indifférence du monde enseignant, la perte progressive de confiance, la tentation de tout casser et, combien de fois ! l’envie d’en finir avec cette vie de souffrance. Mais, à côté de la rage qu’elle avait dissimulée « au fond de son cartable », Noémya cachait d'autres ressources qu’aucun harceleur n’était en mesure de détruire : son envie d'agir et son talent littéraire.


Je voulais absolument lire ce livre car je porte beaucoup d’importance aux maltraitances, au harcèlement scolaire. La cruauté des enfants n’a pas toujours des limites, et nous sommes nombreux à en avoir subi les frais quand nous étions enfants ou adolescents, même à différentes échelles. Quand je lis des témoignages comme celui de Noémya, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance que cela n’ait pas duré autant d’années, car la souffrance intérieure est tellement destructrice, peu importe le temps subi.

Noémya a su se relever, devenir forte, plus forte que beaucoup d’autres. Elle s’en sort aujourd’hui avec de vrais projets, et continue à être porte-parole de cette cause vitale pour nos enfants.

Concernant le livre en lui-même, il est très bien construit, très intéressant, et devrait être mis entre les mains de tous les parents, les personnes du corps enseignant… Je pensais toutefois que l’auteure insisterait encore plus sur ces années de douleur.  Il y a la moitié du livre qui en parle, et l’autre moitié qui raconte ses années après le harcèlement, des recherches sur ces harceleuses, ses tentatives d’études, ses rencontres professionnelles, ses tournages pour des émissions…

Autrefois enfants, aujourd’hui parents, nous devons faire très attention à cet environnement malsain qui se crée dès le plus jeune âge. Moi-même ayant subi de diverses façons, mais sans harcèlement poussé, je me dois de surveiller le comportement de mes enfants, qu’ils soient dominateurs ou dominés. Ces années sont tellement précieuses pour leur développement…

Merci aux Editions Hachette de m’avoir permis de découvrir ce témoignage. Je souhaite à Noémya Grohan réussite dans tout ce qu’elle souhaite entreprendre, en espérant qu’elle se sentira totalement reconstruite à l’intérieur un jour…



lundi 30 septembre 2013

Les enfants de Willesden Lane de Mona Golabek et Lee Cohen

368 pages
4 septembre 2013
Hachette Romans


1938. Vienne. Lisa Jura est juive. Lisa est aussi un prodige de la musique, une pianiste de génie âgée tout juste de quatorze ans. Et Vienne, capitale de la musique qui a vu se succéder Mozart, Beethoven, Schubert et Liszt, est devenue depuis peu une patrie hostile, voire dangereuse pour elle, rongée de l'intérieur par la barbarie nazie. Lorsqu'on offre à ses parents l'opportunité de sauver l'un de leurs enfants en l'envoyant loin, à l'abri, en Angleterre, le choix est difficile : c'est Lisa qui partira. Quand elle monte à bord du train qui doit l'emmener à Londres, Lisa est consciente qu'un grand avenir s'offre à elle, et qu'elle doit vivre pour sa famille qui se sacrifie pour elle. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Lisa échoue au 243 Willesden Lane, un foyer pour enfants dans une ville ravagée de la Seconde Guerre mondiale.


Un récit sur la Seconde Guerre Mondiale ? Un récit sur une jeune pianiste ? Les deux en une seule histoire ? Il fallait donc absolument que je le lise ! Parler de musique dans un cadre aussi dévastateur que l’époque Nazie, ce sont vraiment des moments que je recherche. Je ne me suis pas encore penchée sur les autres œuvres de ce style (là je pense au roman « Le Pianiste ») et je ne lis quasiment que des récits du même genre durant cette époque.

D’emblée, ce que je regrette dans la configuration du livre, c’est qu’une explication majeure n’apparaît qu’à la fin, dans les « notes de l’auteur » : Mona Golabek est en réalité la fille de notre jeune pianiste Lisa Jura. Elle cherche dans ce livre à retracer la vie de sa mère durant la guerre. C’est donc plus un témoignage qu’un roman. Et cela donne une authenticité à cette histoire. De « fiction » elle passe à « réalité » et le tout en est tellement plus émouvant ! Je dis ça, mais je n’ai eu cette révélation qu’avant de refermer le livre, et je sais pertinemment que j’aurais encore plus apprécié cette histoire déjà si touchante. Donc, vous saurez maintenant ce qu’il en est, et vous le lirez avec le regard qu’il mérite. Et cela ne sera que meilleur.

De mon côté, j’ai été passionnée (comme la plupart du temps avec les lectures néonazies) par l’histoire, du début à la fin. Mona Golabek réussit à nous captiver, elle a selon moi très bien retranscrit l’atmosphère de cette époque. On est plongé dans le monde qui fuit, le monde qui espère, le monde avec les adultes d’un côté et les enfants de l’autre. Avec Hitler qui envahit petit à petit les pays. Et par-dessus cette peinture éprouvante, difficile, macabre, il y a notre chère Lisa, autrichienne et juive de surcroît, qui va faire de son mieux pour survivre en Angleterre parmi d’autres enfants dans une famille d’accueil, et qui se verra la chance de pouvoir pratiquer le piano, instrument qu’elle aurait cru enterré à jamais, au vu de tous les drames qui l’entouraient.

Ce livre est poignant, Mona a réalisé une très belle œuvre. Et en y repensant bien, je l’ai vraiment beaucoup aimé, et je me vois obligée de le sacrer  « coup de cœur ». C’est un roman jeunesse, peut-être, mais plongez-y tête baissée. Si vous aimez la musique et l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, il vaut vraiment la peine d’être lu.

mercredi 10 avril 2013

Le Secret d'une Vie de Cécile Cochu

63 pages
TheBookEdition
Octobre 2012



"Jusque là, j'avais toujours eu honte de mon handicap. Il m'était en effet impossible de l'accepter alors que j'étais rejetée par les autres, justement à cause de cela, pour la simple raison que j'étais différente d'eux. Mon handicap, et le fait d'être différente des autres, a toujours été pour moi une source de souffrances, une faiblesse bien plus qu'une force."
Dans ce livre, je parle à coeur ouvert de mon handicap et de ses conséquences sur ma vie, emmenant le lecteur au plus près de mes pensées et de mes ressentis.
Pour mieux vivre avec le passé et voir l'avenir avec espoir...



Le Secret d’une Vie est un témoignage très touchant sur un handicap que l’auteure a depuis toute petite, suite à une hémorragie cérébrale à l’âge de deux mois. Dès lors, sa vie en sera complètement chamboulée. S’ensuivront des années d’incompréhension de son entourage, de rejet de ses camarades de classe, et les souffrances n’en seront qu’infinies.

Cécile a eu une vie bien difficile jusqu’ici, et la lecture de ce petit livre fut très intéressante et enrichissante. Difficile de mieux s’étendre dessus car on parlerait trop de ce qu’elle a évoqué. Mieux vaut-il lire le récit.

Seule petite chose qui m’a embêtée, c’est que son histoire racontée soit si courte… A peine entre-t-on dans sa vie que l’on en ressort. Peut-être développer un peu plus certains passages, mais j’ai conscience que cela n’est pas toujours évident…

Petit lien vers la page TheBookEdition, avec petite interview et témoignage de l'auteure => cliquez ici

mardi 18 septembre 2012

Laisser les cendres s'envoler de Nathalie Rheims


Résumé :
«  J’ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j’y pense, je ne ressens aucun chagrin, pas la moindre émotion.  »

Dans son quatorzième roman, Nathalie Rheims laisse apparaître, pour la première fois, la figure de la mère. Une femme se souvient, des années plus tard, du jour où, quand elle était adolescente, sa mère l’a abandonnée. Sa croyance en un amour maternel absolu, irrévocable, était-elle une illusion  ?
Avec une lucidité intransigeante, Laisser les cendres s’envoler livre les secrets d’une relation brisée, les non-dits d’une famille singulière, les troubles enfouis qui, pour être démêlés, requièrent souvent une vie entière. Mêlant émotion et férocité, ironie et tendresse, Nathalie Rheims dévoile ses vérités les plus intimes, et invite le lecteur à venir à sa rencontre.


Mon avis :
Je me suis remise à lire à l’âge de 25 ans, il y a de cela 9 ans. J’ai, à ce moment-là, découvert un tas d’auteurs. J’avais bien entendu parler de Nathalie Rheims, j’avais très envie de lire ses romans, mais je ne l’ai jamais fait. Ce partenariat me permet d’y remédier, et j’en remercie chaleureusement Les Editions Léo Scheer et Le Club de Lecture.

Je ne sais pas si c’est la meilleure entrée en matière que de découvrir Nathalie Rheims par sa vie si personnelle (d’ailleurs je me demande pourquoi ce livre est qualifié comme « roman » car il s’agit là de faits réels, enfin c’est ce que j’en ai lu), mais je peux en tout cas assurer que j’ai passé un excellent moment en sa compagnie. Enfin, excellent… Ce serait plutôt « poignant »et « triste » qui seraient plus appropriés.

Je fais aujourd’hui partie des lecteurs qui ont eu le privilège d’entrer dans sa vie, d’en connaître une partie, et pas des moindres : elle nous fait part, d’une façon intense, de sa relation avec sa mère : conflits, exigences, refus, et des coutumes qu’exerçaient les membres de sa famille. Toute femme devait se montrer forte et dure, ne rien laisser paraître. Nathalie Rheims en aura souffert très tôt, et ne sera jamais guérie de cette mère absente, blessante, ignorant son enfant qui avait tant besoin d’elle. Ce mal-être fera prendre conscience à l’auteure qu’elle ne sera pas en mesure d’enfanter un jour, qu’elle se doit de stopper cette affliction qui suit les générations de sa famille.

Je n’ai vraiment rien à redire sur ce que j’ai lu. Nathalie Rheims a une plume qui me ravit, et qui me dit une fois encore que je dois lire ses autres romans. J’aime sa façon de nous faire partager sa peine, elle a réussi à m’impliquer totalement dans son enfance, sa douleur au fil des ans. Je comprends toutes ses questions, que peut-être elle n’a envisagé les choses que de son point de vue… Mais après, les ressentis qu’elle a eu depuis si jeune n’auraient pas dû exister, sa mère aurait dû comprendre et toujours être là pour elle… Je n’ai pu que compatir à sa douleur, qui malheureusement ne la quittera jamais. Une mère est ce qu’il y a de plus précieux au monde, elle est le pilier de son enfant, encore plus que le père, et l’enfant doit pouvoir se reposer sur sa mère.

Nathalie Rheims a toute ma considération. Et elle m’a encore plongée dans mes songes… Depuis quelques années, je me rends compte qu’il n’y a pas tant d’enfants (devenus adultes aujourd’hui) qui ont eu une jeunesse heureuse. Et vraiment ça me désole… Et me fait espérer que tous ces enfants, adultes d’aujourd’hui, réussiront à inverser la donne…


mercredi 12 septembre 2012

Le journal de moi... enceinte de Muriel Ighmouracène


Résumé :
Le récit d’une aventure de 9 mois, qui aurait pu être la votre!

« J’ai acheté un test de grossesse. J’ai relu la notice du test hier soir, inutile de me faire pipi dessus en essayant de me souvenir exactement de ce qu’il faut faire. Julien attend derrière la porte, je le rejoins vite. On laisse poser le temps indiqué, ni plus ni moins. On a regardé en même temps le test et on s’est arrêtés de rire tout net : deux barres roses. »

Muriel vous raconte sa grossesse avec ses bons côtés (la place assise assurée dans le bus, le kebab à volonté, le shopping effréné ou bien le décolleté généreux!), les contraintes qu’ils faut supporter (les nausées, les soirées sobres parmi des amis en pleine ébriété ou le yoyo des hormones) et tout ce que les copines (et les livres) ne vous diront jamais!



Mon avis :

Si je devais résumer le livre en une phrase : « Je veux retomber enceinte !!!!!! »

Je vous assure ! Même après 2 grossesses totalement différentes (l’une extra, l’autre vraiment éprouvante et physiquement destructrice), lire ce journal m’a redonné tout plein d’envies ! Je ne les avais bien sûr pas toutes oubliées, je me suis très bien reconnue dans les doutes, les joies et tout ce qui caractérisait Muriel avant, pendant et après sa grossesse. Et, en y repensant, j’ai survolé les guides de grossesse, alors que si j’avais eu ce bouquin à lire quand j’étais enceinte, j’en aurais fait qu’une bouchée ! C’est selon moi LE livre à offrir à toutes ces femmes qui se posent des questions pour leur première fois, et les tournures en dérision font dédramatiser bien comme il faut certains passages pas très faciles à vivre et à gérer.

Je n’aurais pas cru dire ça mais lire ce témoignage peut procurer des émotions aux femmes qui ont déjà vécu tout ça, et montrer le vrai aux femmes qui sont en train ou qui vont connaître ces moments-là. Il serait parfait pour accompagner la future maman ! A mon sens, toutes ou presque toutes les questions que l’on se pose ont réponse dans cet ouvrage, et j’ai presque envie de remercier cette chère Muriel (blogueuse par ailleurs, allez voir son site !) d’avoir eu l’envie de mettre son expérience à la disposition de tous.

J’ai tout de même eu peur de ne pas aimer au départ car elle employait un ton qui me dérangeait… J’avais peur des clichés, mais finalement elle a su s’approprier son expérience sans trop ressortir ce que l’on entend de toute part. Et il est vrai qu’elle applique son regard, et pas celui des autres. Alors on se reconnaît dans ses propos… Ou pas !

Ce livre est vraiment à lire, toutefois j’émets une réserve pour les femmes qui n’arrivent pas encore à réaliser ce rêve… Il pourrait plus blesser que plaire…



mercredi 18 juillet 2012

No Impact Man de Colin Beavan


Résumé : 
Réduire au maximum son empreinte environnementale. C'est le défi de Colin Beavan. Pas facile quand on vit en plein coeur de Manhattan avec femme et enfant, au 9e étage d'un building. Pourtant, pendant un an, ce sera sans ascenseur, sans réfrigérateur, sans climatiseur ni voiture ! À l'heure de la surconsommation, le défi relève presque de l'impossible. Le compte à rebours est enclenché...

Mon avis :
Au départ je ne savais pas trop dans quoi je me lançais. J’avais juste lu la quatrième de couverture. Et maintenant je suis partie faire un tour sur le blog de Colin Beavan. Car cet homme s’est lancé dans un défi que l’on pourrait qualifier de « fou » : réduire au maximum son empreinte environnementale. Il s’est donné un an pour y arriver et a mis régulièrement son blog à jour en racontant ses boires et déboires.


Sa femme a accepté de le suivre, mais elle a eu des moments où elle a eu besoin « d’extérioriser », car vivre sans télé (télé-réalité surtout), sans shopping et surtout sans café, c’était à la limite de l’impossible… Quant à sa fille, elle a vite pris le pli et a préféré les couches en coton ! Colin Beavan fut assez bien soutenu par ces dames, un peu moins par le reste de leur famille…

Il commença son défi par l’élimination des transports polluants, puis par manger des produits selon certaines spécificités (cultivés dans un rayon de 400 kilomètres entre autres)… Il ne supprima pas tout en même temps mais fit une chose après l’autre, la dernière étant de couper l’électricité. Il aura eu beaucoup de difficultés à pallier à certains problèmes (maintenir les légumes plusieurs jours sans qu’ils s’abîment à cause de la chaleur, tout comme le lait (plus de frigo)…) et se sera rendu compte que certains conforts sont quand même nécessaires.
Il est intéressant de lire la fin pour savoir comment s’est terminé ce défi, et s’il a gardé des habitudes. Je n’en parlerai donc pas ici.

J’ai beaucoup aimé lire cette expérience, qui est très intéressante. Il s’est de plus très bien documenté. On voit qu’il n’a pas pris ça à la légère (bien qu’il ait souvent regretté de s’être lancé dans ce projet) et il sera par la suite dans les journaux, les émissions pour parler de cette expérience.
Ce livre est très instructif, même si l’on connait déjà beaucoup de choses au sujet de l’environnement. J’aurais néanmoins un tout petit regret : qu’il n’ait pas plus parlé de son expérience à lui.


mercredi 11 juillet 2012

Ecriture de Stephen King



Quatrième de couverture :
Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l'un et l'autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l'écriture et la vie. Résultat : ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu'est l'inspiration. Une fois encore Stephen King montre qu'il est bien plus qu'un maître du thriller : un immense écrivain.

Mon avis :
Attention, ceci n’est pas un roman mais les « Mémoires d’un métier » écrites par Stephen King.
On n’a plus besoin de le présenter. Stephen King est un écrivain ultra-célèbre qui a conquis plusieurs générations avec ses histoires fantastiques, horribles, incroyables, insensées. Des romans comme « Carrie », « Cujo », « Le Fléau », « Shining », « Ca », « Les Tommyknockers » l’ont révélé au public. Les adaptations sur petit ou grand écran l’ont consacré. Les romans et adaptations qui suivront seront LA confirmation qu’il est le maître de l’horreur et du suspense de tous les temps.

Je n’ai pas lu beaucoup de ses livres, je n’en ai pas trop eu l’occasion, mais je l’ai découvert avec « Carrie » et j’ai tout de suite aimé cet homme. Ont suivi « Jessie », « Shining », « Christine », « Cujo »,  « Peur Bleue »… et je dois en oublier. Quant aux adaptations, j’ai été très déçue par « Shining » qui est trop différent du livre. Mais les téléfilms du style « Ca », « Les Tommyknockers », « Le Fléau » étaient un régal pour moi ! Et encore, je ne parle pas des « Evadés », de « La Ligne Verte »… Il y a tout un univers qu’il a su développer autour de nous ! Il fallait qu’il nous conseille, qu’il nous fasse partager sa passion qu’est l’écriture.

Quand j’ai vu la sortie de ce livre, j’étais aux anges. Un tel homme, avec un tel passé, nous offrait sa propre vision de l’écrit. Qui mieux que lui ? Il me le fallait à tout prix. Mais une chose en amenant une autre, je n’ai jamais eu l’occasion de l’acheter, encore moins de le lire… Jusqu’à ce qu’on me le prête par le système du Livre Voyageur. Il date de l’an 2000, alors c’est vous dire que je l’avais oublié…
Ces mémoires peuvent être lues par toute personne le souhaitant, mais il est quand même important de préciser qu’il s’oriente vraiment sur un lecteur qui souhaite devenir écrivain et qui cherche à se lancer, à trouver les bons outils, à avoir un mentor. Un apprenti-écrivain, en cours de rédaction d’un roman, trouvera beaucoup de choses intéressantes à vérifier avec sa propre façon de procéder.

Il sépare son explication en quatre parties : CV, ou comment il en est arrivé à écrire et réussir ; Boîte-à-outils, où il donne sa façon de réussir au mieux ; Ecriture, où il donne tous les moyens qu’il connaît pour y parvenir. J’ai trouvé sa façon d’expliquer très captivante, très imagée, très explicite. On a le sentiment que tout est indice à la réussite, à l’accomplissement d’un rêve qu’il veut nous voir concrétiser. Il terminera par De la vie : un post-scriptum, en racontant son accident en 1999.

C’est un très bon livre de chevet, pour tout écrivain en devenir. C’est le seul de ce style que j’ai lu, alors il me sera impossible d’émettre une comparaison. Mon avis ne sera, de ce fait, que positif. Personnellement, je le trouve important, avec un effet boostant, car l’auteur souhaite la réussite de celui qui le veut vraiment. Et que ceux qui souhaite écrire juste pour l’argent, pas par passion, qu’ils passent leur chemin.

Je termine par un passage vers la fin du livre, page 348 (broché) :
« Ecrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis. En fin de compte, écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages, mais aussi à enrichir votre vie. C’est se tenir debout, aller mieux, surmonter les difficultés. […] Ecrire est magique, écrire est l’eau de la vie au même titre que n’importe quel art. »


samedi 7 juillet 2012

Le bébé de Marie Darrieussecq


Résumé :

Qu'est-ce qu'un bébé ? Pourquoi si peu de bébés dans la littérature ? Que faire des discours qui les entourent ? Pourquoi dit-on " bébé " et pas " le bébé " ? Qu'est-ce qu'une mère ? Et pourquoi les femmes plutôt que les hommes ?

Mon avis :

Ah la la ! Les bébés ! Je suis dingue des miens ! Elle est dingue du sien !

Je me suis acheté ce petit bouquin il y a 6 ans, quand j'étais enceinte de ma fille. Je crois l'avoir lu après avoir accouché, pour comparer mes sentiments avec ceux de la narratrice. J'en gardais un bon souvenir, même si je ne me rappelais plus de grand chose. Là mon fils a 10 mois et je trouvais qu'il était temps de le relire, de m'en imprégner de nouveau. Et ce fut 2 petites heures de délice maternel.

C’est reposant, c’est gratifiant. On voit qu’on ressent toutes les même choses avec notre bébé, et qu’au final on est de bonnes mères. C’est entre autres ce que j’ai aimé dans ce qu’a défini Marie Darrieussecq : elle a très bien expliqué les aléas et ce qu’elle faisait pour y remédier, et à chaque fois elle va se sentir bonne maman car c’est son amour qui ressortira de tout ça. C’est rigolo, intéressant, et ça nous replonge dans nos souvenirs de couches, de râleries, d’attendrissements… On compare sans cesse notre ou nos expériences personnelles. Il n’y a pas de mélancolie dans ce livre, pas de moment de tristesse, et c’est aussi ce qui m’a plu. Marie observe, son cahier proche et son stylo prêt à être dégainé. Elle note tout ce qui lui passe par la tête, dans tous ces moments que nous voyons nous-mêmes, que nous retiendrons ou non. Cela peut paraître brouillon comme mise en page, mais pour ma part cela ne m’a pas gênée du tout !

Ce fut une lecture toute en légèreté, et, contente de l’avoir en possession, je serai ravie de le relire encore et encore. Bien à caler entre deux lectures intenses…

Un bon coup de cœur !!!