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jeudi 27 novembre 2014

Les mots qu'on ne me dit pas de Véronique Poulain

144 pages
20 aout 2014
Stock


« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.


C'est le premier livre que je lis dans ce domaine. Véronique Poulain a vécu avec des parents atteints de surdité, alors qu'elle-même entend très bien. Elle nous raconte son quotidien à leurs côtés depuis sa naissance et nous parle aussi d'eux vivant de leur mieux avec ce qui leur manque. J'ai été très attentive à cette lecture car j'ai beaucoup appris de ce que pouvait être la vie avec ce sens en moins et ce que cela peut engendrer autour de soi.

Le récit de l'auteure a un ton très convaincant. Elle réussit très bien à faire passer ses sentiments. Sa vie n'a certes rien de dramatique, mais elle n'est tout de même pas si évidente que cela. Véronique a eu besoin de s'adapter à chaque instant, ou de finir par exploser et rétablir certaines choses que ses parents ne pouvaient pas comprendre. Elle raconte toute cette vie hors du commun avec beaucoup d'humour. Cela donne un charme à ce livre. Mais cela ne pourrait pas plaire à tous. Elle dédramatise le handicap mais rétablit aussi certaines vérités. On peut sentir qu'elle avait besoin de passer par l'épisode "écriture".

Je tiens tout de même à préciser que ce livre n'est pas un témoignage avec de vrais chapitres. Ce sont plutôt des bribes d'histoires, des souvenirs parsemés, et cela peut paraître saccadé pour certains lecteurs. C'est ce qui m'a un peu déplu au bout d'un moment. Il était dur d'abandonner un petit récit pour en entamer un autre, de but en blanc.

Je remercie Anne Sophie de m'avoir fait découvrir ce témoignage. Je l'ai trouvé vraiment très intéressant et il représente  un domaine que je ne connaissais que trop peu, comme la majorité des gens.



Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.


jeudi 1 août 2013

Il babbo d'Ivan Macaux

224 pages
21 août 2013
Stock


« Le voilà qui arrive. “Il Babbo”. Il n’a rien d’italien, c’est ma mère qui l’est à moitié. C’est elle qui l’a surnommé ainsi pour nous. Avec l’accent, en tirant sur le “a”. J’aime le sobriquet. Aux heures claires, il sent le babillage et la bulle savonneuse. Aux heures sombres, il claque comme une sentence enfantine : “Pas beau !” »

Une semaine sur les routes de France, entre le Var et Paris, dans le sillage d’une vieille bagnole en bout de course. Il Babbo conduit. Sur le siège passager, son fils scrute le rétroviseur où défilent les souvenirs d’enfance, caprices et coups de poker de ce père au destin sinueux et spectaculaire. Qui est-il ce Babbo, cet homme jovial et interlope : idéaliste patenté ou escroc aux heures de bureau ? Et qui est vraiment ce narrateur ? Plus un adolescent, pas tout à fait un homme. Ce voyage, seul à seul, est un moment rare. Père et fils s’observent, se toisent, se cherchent. 
Le long des départementales, c’est le poids des silences et des non-dits que l’auteur convoie, et l’histoire d’une famille française, en creux, qu’il explore. Au fil des kilomètres, se croiseront l’Afrique et Barbara, Musclor et Stefan Zweig, des généraux soviétiques chez Tati, Lee Harvey Oswald et le porno.



Lu  il y a près de 2 mois, j’ai un souci : j’ai déjà oublié beaucoup de ce livre… Je sais que je l’avais trouvé pas mal, mais qu’il n’y avait rien d’exceptionnel dedans. Le narrateur part en voyage avec son père, « Il babbo », et se font la route en voiture du Var à Paris. Et le fils va se remémorer bien des choses de son enfance et de sa relation avec le paternel.
Je me souviens que l’histoire était agréable, bien que j’aie décroché plusieurs fois car elle ne m’intéressait pas plus que ça, mais c’était quand même bien écrit. Je pense juste que ce n’était pas mon style de roman. J’avais apprécié le rythme qui était donné tout le long mais, paradoxalement, avais été un peu saoulée du rythme saccadé des phrases. C’était un style qu’il a rendu trop répétitif et ça a beaucoup ralenti ma lecture. A cause de ça, j’ai peiné à entrer dans l’histoire.

Cela doit venir de moi, mais je dois être passée à côté d’un roman bien… Mais je ne le déconseillerais pas pour autant !