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vendredi 26 août 2016

Jours sans faim de Delphine de Vigan

124 pages
5 janvier 2009
J'ai lu


Laure, dix-neuf ans, est anorexique au dernier degré. Elle entre à l’hôpital au service de nutrition. Hospitalisée pendant trois mois, elle oscille entre angoisse et volonté de s’en sortir, pour finalement accepter de perdre le contrôle sur la seule chose de sa vie qu’elle maîtrise : son poids. Dans un style remarquable de sobriété, Delphine de Vigan dresse le portrait de ce combat pour la survie.


Jours sans faim est de ces livres à mettre dans toutes les mains. Je me souviens encore de "Piégée, mémoires d'une anorexique" de Marya Hornbacher, lu en 2003, et qui m'a marquée à jamais. L'anorexie est une maladie installée par le mental. Elle est basée sur un mal-être, une envie de disparaître de la surface de la terre, mais au lieu d'avoir recours au suicide, trop horrible et radical, se laisser mourir de faim peut devenir une idée pour se faire accepter tout d'abord par le monde extérieur et les idées préconçues par la mode, puis de vouloir attirer l'attention pour une chose ou une autre. Cela résulte souvent aussi d'un traumatisme familial. L'enfant ne trouvera que ce moyen pour se faire remarquer de sa famille, et s'effacer physiquement malgré l'envie de montrer sa détresse.


Delphine de Vigan a choisi dans ce roman de nous plonger uniquement dans la phase "traitement de la maladie" et d'en montrer les difficultés. L'hôpital est le centre du roman car tout ce qui s'y passe pour sauver la vie de Laure est écrit. Il y a quelques explications sur l'environnement humain de Laure, notre adolescente anorexique ici (en réalité l'auteure elle-même, bien que ce livre soit noté comme "roman" et non "témoignage"), qui l'a précipitée dans cette envie de disparaître. Les mots sont incisifs, très justes. Ce n'est pas forcément LE livre de référence car il ne parle pas de tout "avant-pendant-après" mais il explique profondément les sentiments que suscite la maladie. A lire, rien que pour s'informer.


vendredi 22 avril 2016

Deux petits pas sur le sable mouillé d'Anne-Dauphine Julliand

249 pages
25 mai 2013
J'ai Lu


Tout commence sur une plage, quand Anne - Dauphine remarque que sa fille marche d'un pas hésitant. Après une série d'examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. L'auteur lui fait alors une promesse : " Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d'amour. " Ce livre raconte l'histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu'un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on ne peut pas ajouter de jours à la vie.


Je ne sais pas si l'impact aurait été aussi fort si je n'avais pas été maman en lisant ce témoignage. Ayant 3 enfants, dont une petite dernière de 20 mois, j'ai été bouleversée par ce que je lisais de la première à la dernière page. Et le manque s'est manifesté car j'avais besoin de connaître leur vie aujourd'hui. Je compte lire le second livre bientôt.

Anne-Dauphine et son mari ont 2 jeunes enfants, Gaspard et Thaïs, et bientôt une autre petite fille va pointer le bout de son nez. Mais le verdict tombe : Thaïs est atteinte d'une maladie génétique orpheline et ses jours sont comptés. Les parents sont porteurs sains du gène. Et là où ils doivent prendre les devants, c'est pour leur petite dernière, encore dans le ventre de la maman. Si elle est aussi atteinte, il faudra aller au-delà des limites, accepter les possibilités d'opérations, de greffe... Et c'est le début d'un très très long combat pour grappiller des instants de vie, quelques jours de plus en famille, encore et encore... Et tout est à la fois éprouvant pour les parents et une bénédiction que leurs enfants soient encore en vie, chaque jour qui passe, sachant que la fin s'approche inévitablement.

Cette histoire vraie est pourvue d'humanité à chaque page, Anne-Dauphine exprime une lutte quotidienne. Elle doit accepter le fait que la maladie fait partie de sa vie à jamais et qu'il faut profiter des moments présents en se posant le moins de questions. Son couple réussit à se solidifier avec toutes ces épreuves, et c'est probablement ce qui les amènera tous les deux à aller de l'avant par amour pour les uns et les autres.

Un livre-courage, un livre qui va soutenir les parents confrontés à de telles maladies, prêtes à enlever nos enfants, à les faire souffrir. Un exercice magistral de la part d'Anne-Dauphine Julliand. Bravo à elle.

  

vendredi 15 janvier 2016

La Ligne Verte de Stephen King

506 pages
Mars-août 1996 (1ère parution en 6 épisodes)
J'ai lu



Octobre 1932, pénitencier d'État, Cold Mountain, Louisiane. Le bloc E, celui des condamnés à mort, reçoit un nouveau pensionnaire: John Caffey rejoint ceux qui attendent de franchir la ligne verte pour rencontrer la chaise électrique, Miss Cent Mille Volts. Mais Caffey n'est pas comme les autres. D'accord, on l'a retrouvé auprès des cadavres ensanglantés de deux petites filles, mais il est étrangement absent. Jusqu'au jour où Paul, le gardien-chef, tombe malade et alors une terrible vérité semble s'esquisser. Qui est ce prétendu meurtrier aux pouvoirs étranges? Qui dresse Mister Jingles, l'étrange souris, bien trop intelligente? Quand Paul commence à répondre à ces questions, il sent que personne dans le bloc E ne sortira indemne de la rencontre avec John Caffey.


J'ai vu le film à sa sortie en salles et j'avais été bouleversée. Ce livre aura eu le même effet sur moi. J'ai rarement autant aimé un Stephen King, pour en avoir lu une bonne dizaine.

Cette histoire prend nos nerfs à vif. Elle est très dure et très émouvante à la fois. On ne peut être insensible à pareil récit. Je me demande souvent comme l'auteur arrive à écrire autant de choses en si peu de temps, et toujours plaire à son public.

Stephen King est quelqu'un d'unique, et ce livre me l'a encore montré. Je ne pensais pas autant l'aimer. Les personnages sont attachants, détestables, voire exécrables pour certains, mais ils sont tous inoubliables. Ils m'ont marquée, chacun à leur manière. Je me souvenais bien des acteurs dans leurs rôles respectifs en lisant les pages, et cela a donné une dimension que tous n'auraient pas appréciée (certains préfèrent se créer une image des personnages), mais que j'ai préférée.

La relation entre Paul et John Caffey, notre "don de Dieu" est unique et particulière. Magnifique en tous points. Mais je ne suis pas objective, tellement j'ai adoré ce livre et que chaque page m'a transportée dans cet univers d'horreur, de tristesse et de (dés)espoir.


Ce livre va devenir mon livre de chevet à coup sûr. J'en suis encore bouleversée en écrivant ces quelques lignes. Mais attention, les scènes concernant la chaise électrique sont très imagées et très perturbantes. J'en ai fait d'assez mauvais rêves...

lundi 11 mai 2015

Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides

224 pages
26 septembre 2000
J'ai Lu



Des adolescents amoureux s'efforcent de percer le mystère des filles Lisbon. Du haut d'une cabane nichée dans les arbres, ils passent leur temps à scruter les fenêtres de leur maison.

Vingt ans plus tard, ils rassemblent des fragments de ragots et de ouï-dire, de conversations téléphoniques, de rapports de médecins et de confessions crues et tourmentées.

Autant de pièces à conviction qui expliqueront peut-être les morts successives de Cécilia, Thérèse, Bonnie, Lux et Mary.



Autant j'ai eu du ma à intégrer l'univers du film, vu il y a quelques années, autant le roman m'a totalement envahie de sentiments divers. J'ai beaucoup aimé cette histoire, cette narration concernant cette famille de jeunes demoiselles qui décident de leur destin en se suicidant chacune leur tour. C'est d'une douceur, d'une beauté et d'une cruauté...

L'histoire de ces quatre filles est un appel au secours contre une société et des principes ne suivant pas les mœurs avancées de l'époque. Elles se perdent tour à tour dans une famille étouffante, et c'est tout ce cheminement, raconté par des jeunes hommes intrigués et fascinés par elles à l'époque (jusqu'à les épier partout), que je trouve fascinant. Et j'ai lu ce petit roman avec dans la tête la musique de Air qui envahit l'atmosphère dans le film.


Une belle réussite (et je reverrai bien volontiers le film maintenant) !


lundi 26 août 2013

Les sœurs Charbrey , tome 1 : Sans orgueil ni préjugé de Cassandra O'Donnell

252 pages
22 mars 2013
J'ai Lu 


Le mariage? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Elle préfère son indépendance et les sciences, passion qu’elle dissimule derrière une prétendue maladie, loin des regards courroucés de la bonne société.
Lorsqu’elle apprend que le manuscrit de sa sœur a été refusé par un éditeur méprisant l’intellect féminin, Morgana décide d’aller confronter ce personnage cynique et détestable.
Si ce dernier pense pouvoir confondre la demoiselle à coups de reparties cinglantes et de sourires enjôleurs, il ne sait pas encore à qui il a affaire…


Je n’ai pas encore lu les Rebecca Kean mais j’imagine que c’est cent fois mieux que cette romance sous fond historique…

Je n’ai pas envie d’être totalement négative. Et pourtant… J’ai pesté durant la première moitié, à attendre, et attendre, et attendre qu’il se passe quelque chose. On nous donne pourtant un bon départ : Rosalie qui avoue avoir trompé son éditeur en lui ayant fait parvenir son manuscrit sous un pseudo masculin. Même si ce n’était pas voué à être un moment profond du roman, il aurait mérité une petite suite, et non pas juste posé comme une fleur, en plein milieu du livre, que sa sœur Morgana lui a trouvé un autre éditeur. Ca m’a profondément frustrée. Car c’est quand même de là que toute l’histoire réelle part.

Je me suis donc aventurée à cette lecture. Et plus j’avançais dans les chapitres, plus je regardais le nombre de pages défiler, et plus je commençais à m’alarmer… S’il avait fait cent pages de plus, je pense que mon avis aurait été tout autre. Mais là, cela allait être du vrai condensé pour attirer le lecteur et faire ressortir l’historique de l’époque. Bref, les deux amoureux se tournent autour pendant un sacré bout de temps, ce qui a toujours le don de m’énerver au bout d’un moment, mais l’avantage ici par rapport aux autres livres à la même histoire, c’est que j’ai beaucoup aimé le caractère de Morgana. Ca m’a donné envie de continuer… et d’espérer obtenir mieux.

Mais ouf ! La suite et la fin sont nettement meilleures ! Je ne dis pas que c’est plus étoffé, mais il y a un peu plus d’action, il y a des éléments qui s’ajoutent, des caractères qui se montrent plus, que l’on comprend mieux, et cela devient plus intéressant. Cela ne fait tout de même pas de ce livre un chef-d’œuvre ou un coup de cœur assuré, mais il va droit au but, ne parle que de l’histoire d’amour, alors ça plaira ou pas…

Je vais quand même souligner que dans le même genre, et beaucoup plus abouti, la référence est à mes yeux la saga La Bicyclette Bleue de Régine Deforges. Rien qu’avec le premier tome, on en ressort chamboulé et on en veut plus.

Je n’ai rien à dire sur les personnages, je les ai tous appréciés, la seule chose que je n’ai pas aimée et à laquelle je n’ai pas réussi à m’habituer : le prénom Morgana. Je ne peux pas me l’expliquer, à chaque fois que j’ai lu ce prénom, et surtout les vingt premières fois on va dire, mes poils s’hérissaient sur les bras. Après, je m’habituais à le lire, mais c’est un prénom que je ne connaissais pas et je sais dorénavant que je ne le supporte pas.

Et dernière petite chose qui m’a étonnée de la part de J’ai Lu : le nombre de coquilles du début à la fin.  C’est tout de même une grande maison d’édition, très réputée, et c’est bien la première fois que je lis autant de fautes dans un de leurs livres !

Et La petite question que je me pose maintenant : vais-je lire la suite ? Honnêtement… Je n’en ai pas la moindre idée… On verra les avis des blogueurs avant, je pense…