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jeudi 1 décembre 2016

Meurtres pour rédemption de Karine Giebel

992 pages
8 mars 2012
Pocket


Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.

Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.



Alors, autant j'ai eu des hauts et des bas avec Purgatoire des innocents qui m'avait tantôt dégoûtée tantôt fascinée, autant avec Meurtres pour rédemption je suis restée admirative du contenu du début à la fin. Même quand la deuxième partie montrait des moments de longueurs. Pour moi, ces moments étaient en train d'installer le final et il aurait peut-être été trop brutal d'être plus expéditif en retirant quelques morceaux. Cette attente de l'inévitable, la connaissance faite les uns avec les autres prennent tout leur sens au dénouement.

Meurtres pour rédemption, c'est une incursion dans l'univers carcéral des femmes. C'est vivre aux côtés de Marianne, vingt ans, meurtrière "malgré elle". Condamnée à perpétuité, elle tente de vivre et survivre au quotidien avec l'aide d'un maton, Daniel, qui lui apporte sa dose d'héroïne contre un moment "particulier" avec elle. A force de faire durer ces pratiques, l'addiction humaine dépassera le reste. Mais lorsque l'on propose à Marianne de l'aider à s'échapper, l'aider à se refaire une vie loin de ce cauchemar, tout se chamboule dans sa tête. Va-t-elle accepter ? Quelles en seraient les conséquences ? Qui sont ces gens et pourquoi elle et personne d'autre ?

Nous entrons dans la vie difficile et mouvementée de Marianne, que j'ai défendu et appréciée durant la première partie, détestée en totalité durant la deuxième partie, et pour qui j'ai eu beaucoup de compassion lors du dénouement. C'est un personnage fort, incroyablement déglingué, qui devient à moitié aliéné par la force des choses (et de l'héroïne). C'est une femme qui mérite une deuxième chance, mais à condition qu'elle mette un peu moins de bestialité dans ce qu'elle entreprend.
L'homme qu'elle aime, Daniel, est quelqu'un de très humain, comme Justine, une autre surveillante que j'ai beaucoup aimée ici.

Et puis, il y a Franck. Je ne dirai pas qui il est, ni où il apparaît. Mais c'est mon personnage coup de cœur dans ce livre. C'est lui que j'ai aimé découvrir du début à la fin. Lui qui rend ce livre humain, au-delà des autres personnages. En tout cas pour moi. C'est ce Franck qui m'a fait pensé que certaines longueurs devaient être nécessaires pour une vraie mise en place du plus important dans l'histoire.

Et le reste : les bagarres sanglantes, les meurtres pas souvent calculés, la complicité, les horreurs que l'on imagine (sans forcément bien le faire) dans ce monde de femmes (mauvaises pour une grande partie)...


Tout ça (et encore plus) fait que près de 1000 pages lues en 3 semaines, c'est comme vivre avec les personnages. Le lendemain, je voulais relire du "Marianne" et encore du "Marianne"... Mais non, je l'avais enfin fini, ce livre. Je ne sais pas ce que valent les autres romans de Karine Giebel (à part Purgatoire des innocents que je ne relirai jamais plus) mais il est sûr que je vais réitérer avec cette auteure.




samedi 21 mai 2016

L'innocence des bourreaux de Barbara Abel

336 pages
14 mai 2015
Belfond


Dans une supérette de quartier, quelques clients font leur course, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune maman qui a laissé son petit garçon de trois ans seul à la maison devant un dessin animé. Seulement quelques minutes le temps d’acheter des couches pour la nuit.

Parmi eux, un couple adultère. Parmi eux une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent.
Des gens normaux, sans histoire, ou presque.
Et puis un junkie qui, à cause du manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé.
Mais quand le braquage tourne mal et que, dans un mouvement de panique, les rôles s’inversent, la vie de ces hommes et femmes ordinaires bascule dans l’horreur.
Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière est mince. Si mince…



Troisième livre que je lis de Barbara Abel. Et je suis de nouveau déçue... Pourtant, après m'être énervée avec Derrière la haine, où l'on comprend la fin au tout début (elle laisse des infos qui n'ont rien  à faire dans l'histoire, alors obligé de comprendre que ça a à voir avec le dénouement), j'avais adoré L'instinct maternel. Jeanne était une veuve déjantée et il ne nous était pas permis de deviner la fin tellement cette femme était imprévisible. Mais là, rebelote avec L'innocence des bourreaux...

Pourtant, tout nous amène à apprécier fortement cette histoire, son avancée. Mais il faudrait déjà m'expliquer en quoi le roman est un huis clos ! Quelle erreur sur la quatrième de couverture ! Et quelle déception au final ! On pense se retrouver cloîtré dans le magasin durant tout le bouquin, on se demande comment Barbara Abel va s'en sortir, et non ! Le fameux "huis clos" ne dure que la moitié du livre ! Bravo à la maison d'édition qui nous fait croire n'importe quoi (oui cela m'énerve quand ce que l'on lit est soit tout raconté sur la quatrième de couverture, soit faux).

Ce qui intéresse tout d'abord, c'est de connaître chaque personnage qui va entrer dans le magasin. Pourquoi en vient-il à entrer à ce moment-là ? Qui est-il ? Quel est son passé ? J'avoue que le début était très bien, très intéressant. Léa, la maman du petit de 3 ans qui est resté tout seul chez lui (elle s'est éclipsée en douce pour acheter des couches) est la personne qui m'a le plus touchée. J'ai bien apprécié Germaine, qui n'est pas la vieille mégère que l'on pourrait croire. Les situations qui dégénèrent sont bienvenues, j'ai beaucoup aimé les revirements de situations. Mais là où tout redescend, ce sont les 50 dernières pages (environ). L'ambiance retombe, tout devient simple, sans surprise, bien en-dessous de ce qu'on a lu plus tôt. Comme si c'était 2 auteurs différents qui avaient écrit l'histoire. Et que dire de la dernière page... Encore aujourd'hui, je ne comprends pas le sens, s'il y en a un. Je ne comprends pas à quoi sert ce final. Le vieux Francis doit apporter quelque chose de particulier à cette fin ? Je reste coi. Et je suis extrêmement déçue de n'avoir lu aucun coup de maître, mais simplement une petite histoire de coup foireux dans une supérette.

Je continuerai pourtant à lire ses autres livres. Oui oui je persévère, car je pense que Barbara Abel a un quelque chose qui me plaît.

Lu en binôme avec Marie du blog Mes Mots Passants. Pour lire son article, cliquez ici

jeudi 21 avril 2016

L'instinct maternel de Barbara Abel

453 pages
27 février 2013
Le Masque


Richard et Jeanne Tavier jouent, depuis de nombreuses années, la comédie du bonheur parfait dans le milieu huppé qu'ils fréquentent. Leur agressivité et leur mépris sont renforcés par le fait qu'ils n'ont jamais pu avoir d'enfant. Edwige, la confidente de Jeanne, l'aide de son mieux en lui procurant conseils et tendresse. Un soir, celle-ci débarque chez elle et lui annonce que Richard s'est rompu le cou en tombant dans l'escalier. Edwige n'est pas dupe mais couvre son amie en l'assurant de son silence. À l'ouverture du testament, le notaire annonce à la veuve que Richard lègue sa fortune à une inconnue. Blessée et dépitée, Jeanne transforme son ressentiment en une boule de fiel qui lui fait perdre la raison. Décidée à retrouver la femme qui a hérité à sa place, elle a bien l'intention de la supprimer.



Malgré ma grosse déception avec Derrière la haine, j'ai voulu réitérer l'expérience avec ce titre que j'avais vu maintes fois commenté dans divers blogs.

L'histoire commence d'une façon réelle et tragique : Jeanne, qui a dû subir une vie déplorable car entièrement sous de fausses apparences, vient de tuer son riche mari. Mais cela sera sans mal prouvé comme étant un accident. Déjà ici, on se dit que Jeanne est folle, mais que l'on peut comprendre ce geste face à l'homme méprisable qu'était son mari et à la vie qu'elle avait subie avec lui. Mais là où l'on passe du réel à l'incroyable, c'est quand elle se met à perdre les pédales avec cette jeune portugaise qui porte le bébé de son mari Richard, et qui va toucher tout l'héritage à sa place !

A partir du moment où Jeanne part à la rencontre de cette traîtresse, tout en elle part en vrille. Et là j'ai lu que certains trouvent l'histoire trop abracadabrantesque. Autant pour Derrière la haine l'ensemble était très mal ficelé car dès les premières pages elle nous livrait le plan de son intrigue avec le tueur en prime, autant ici, à chaque fois que l'on pense à la folle Jeanne qui vient de commettre un acte irréparable, on ne sait absolument pas quel prochain sommet elle va atteindre. Et selon moi, rien n'est surfait, tout est dans le déjanté réaliste.

J'ai pris un énorme plaisir à lire les incroyables actes de cette femme folle à lier. Le final ne m'a pas tant surprise mais m'a tout de même beaucoup plu aussi. Jeanne est un personnage très travaillé, d'autant plus qu'elle a une personnalité très complexe, et c'est ce qui en fait mon personnage préféré ici.

L'apothéose de l'exercice de l'enfermement d'une femme enceinte dans une cave bien cachée sont les descriptions de douleurs transcendantes et tout ce qui s'ensuit dans le dernier quart du livre. C'est très corsé et très bien écrit.

En tout cas, laissez-vous tenter, peut-être pas tout de suite si vous êtes enceinte de votre premier enfant, vous serez sûrement conquis ! 


mardi 15 mars 2016

Purgatoire des innocents de Karine Giebel

640 pages
15 mai 2014
Pocket


Je m'appelle Raphaël, j'ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, nous venons de dérober trente millions d'euros de bijoux. Ç'aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts, un blessé grave. Le blessé, c'est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où il pourra reprendre des forces. Je m'appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là... Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer. Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit...


Ce livre est mon premier de l'auteure. Je l'ai lu dans des conditions particulières. On me l'a offert comme livre mystère. Pour ceux qui ne connaissent pas ce principe, c'est offrir à quelqu'un de défini un livre recouvert qui cachera tout l'extérieur du livre et les pages intérieures comme le titre, les remerciements... Pour qu'à la fin, il ne reste plus que le texte en lui-même à la découverte du lecteur.

Le fait d'avoir découvert l'histoire au fur et à mesure, sans rien savoir de l'auteur, du genre, et du résumé, c'est très déstabilisant. Et lorsque l'on entre dans pareil huis clos, cela devient une lecture éprouvante, étouffante.

J'admets que Karine Giebel a une écriture très prenante, propre à elle. J'ai remarqué une différence avec l'écriture masculine dans les thrillers que j'ai pu lire. C'est ce qui me donne envie de lire un autre roman de cette auteure. Car j'avoue que le fond de Purgatoire des innocents m'aurait fait plutôt un effet repoussant s'il n'avait pas été aussi bien écrit.

Quatre malfrats font leur meilleur casse. Mais celui-ci se déroule mal et plusieurs personnes sont blessées. Dont William, le jeune frère, qui est blessé mais ne peut pas être soigné à l'hôpital. Situation d'urgence, l'équipe se réfugie chez une vétérinaire, Sandra.

En parallèle, nous découvrons un homme qui cherche à enlever une adolescente pour l'ajouter à son tableau de chasse. Dur de comprendre le lien avec le reste... Mais au bout d'un tiers du bouquin, cela se décante. Et c'est ce que je reproche à ce roman. Le premier tiers est lourd, redondant, et on se demande où l'auteure veut en venir. Puis survient LE fait. Et la tournure que prennent les choses redonnent un souffle à la lecture et donne envie de prolonger alors qu'on hésitait à abandonner.

Mais le problème, c'est que j'ai eu l'impression d'agoniser pendant près de 500 pages. Car ce livre de 640 pages regorge d'éléments qui peuvent facilement donner la nausée. Et c'est le sentiment que j'ai eu en voulant lire 100 pages en une seule journée. J'ai vu défiler sadisme, carnage, viol, sévices, et l'on terminera même par du cannibalisme. C'est assez éprouvant (encore plus quand on ne sait rien à l'avance, comme ce fut mon cas). Et bien que j'ai apprécié la trame de l'histoire, bien ingénieuse ma foi, je n'ai pas pu comprendre pourquoi tant de scènes aussi poussives, au-delà des limites que l'on se fixerait en lecture. C'est du gore, du pur, et je ne savais pas que Karine Giebel écrivait ce style-là.

Alors, je ne suis pas une sainte non plus, j'ai déjà lu des livres de ce style, mais pourquoi l'étendre sur 600 pages ? On se sent enfermé dans ce huit-clos à étouffer, à agoniser avec les séquestrés. C'est très dur à apprécier. 300 pages en totalité m'aurait amplement convenu.

Je critique ce point-là, mais j'ai tout de même (en faisant abstraction de tout ça) beaucoup aimé cette lecture, ça aurait même pu frôler le coup de cœur. Car sur les 30 dernières pages, je me suis étonnée lorsque j'ai senti les larmes couler sur mes joues. J'étais tellement prise par ce final que je n'ai pas vu l'émotion arriver. Et cela m'a bien fait réfléchir sur le contenu global de l'opus.


En bref, ne pas commencer les œuvres de Karine Giebel avec ce livre, elle en a sûrement écrit de moins horribles, et je suis moi-même certaine que je vais savourer d'autres de ces romans !


mercredi 16 septembre 2015

Le doute de S.K. Tremayne

380 pages
2 septembre 2015
Presses de la Cité



Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft décident de tout recommencer en changeant d'environnement. Ils rejoignent alors une petite île écossaise qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus. 
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu ; Kirstie, leur fille survivante, se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant…

Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux sœurs a trouvé la mort ? 



Après avoir refermé le livre, j'ai eu l'impression d'avoir "bâclé" ma lecture au moment du dénouement tellement je voulais savoir, comprendre. Je suis restée sur ma faim en quelque sorte. Je ne m'attendais pas à ce genre de fin, plus à quelque chose de plus fantastique, limite irréel tellement on frôle le paranormal dans ce livre. De ce fait, je ne sais qu'en penser. Je suis assez dubitative... Ce mélange de prénoms avant l'épilogue m'a finalement larguée, comme si j'avais eu l'impression que le narrateur se perdait en même temps qu'il cherchait à semer le trouble en nous. C'est sûrement ce sentiment qui m'a laissé un goût amer en le terminant.

Dès le début, la couleur est annoncée : non seulement nous doutons de l'identité de cette enfant, mais la mère nous en fait part très rapidement, et se refuse à admettre qu'il aurait pu y avoir une confusion entre ses jumelles. Est-ce Kirstie qui est tombée du balcon ou Lydia ? Et sans cesse ce doute sera dans notre tête. Tout est là pour nous embrouiller : les confidences du père, Angus, ses réelles pensées que l'on peut interpréter comme bon nous semble, les faits qui sont apportés par l'enfant vivant, les mensonges qu'ont croiraient vrais, les révélations de la mère, Sarah. Bref, c'est le style typique du thriller qui va vous entraîner au dénouement sans que vous ayez eu le temps de voir les heures passer, ou qui vous a poussé à faire nuit blanche car "il fallait que vous sachiez pour pouvoir dormir en paix !"

Hormis la fin, j'ai beaucoup aimé ce livre, vraiment. Tout a imprégné mon esprit, et c'est vraiment par manque de temps que je n'ai pas pu le lire aussi rapidement que je l'aurais voulu. C'est angoissant, et quand on pense que cela va se calmer un peu, la petite demoiselle (Lydia ou Kirstie) va revenir à l'assaut avec quelque chose qui marquera le père, la mère, le récit, le lecteur.

Honnêtement, ce roman vaut le détour. Déjà que sa couverture est déstabilisante de sobriété, de beauté et d'angoisse (je ne sais pas pourquoi mais cela m'a de suite fait penser aux vieux films d'horreur de Dario Argento ou John Carpenter...), le reste de l'œuvre tient, à mon sens, bien ses promesses !

mardi 28 octobre 2014

Fais-le pour maman de François-Xavier Dillard

 
283 pages
13 mars 2014
Fleuve Noir


Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d'avoir blessé sa soeur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu'à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé...




C'est un véritable roman coup de cœur ! Je n'ai eu aucune peine à me lancer dans cette aventure, et tout ce que l'on s'imagine devient de plus en plus tordu au fur et à mesure des pages !

Sébastien, notre héros, est sorti d'une enfance perturbée. Il a subi de forts traumatismes quand il était petit, avec sa mère et sa sœur. Il a réussi à s'en sortir tant bien que mal et a embrassé la carrière de médecin. Son chemin finit par croiser celui de Claire, une commissaire fraîchement arrivée dans sa ville. Mais nous aurons toute l'histoire qui va tourner autour de ce fameux drame, alors qu'il n'avait que 7 ans. Quand il a dû avouer à la police qu'il avait poignardé sa sœur. Et qu'il en est arrivé à changer de position en se libérant d'un gros poids... dire qu'en réalité c'était sa mère qui avait produit le geste... "fais-le pour maman"...

Ce livre est rempli de cruauté, de mélancolie, de tristesse, d'angoisse, et le tout est mené tambour battant. Il n'y a aucun temps mort et c'est justement ce qui fait toute l'efficacité et le rythme de l'histoire. J'ai vraiment beaucoup aimé l'histoire, les différents personnages, et je mets un point d'honneur sur la fin. J'en rêve encore...

Bravo à Mr Dillard. C'est très bien écrit et le cœur du lecteur n'est en rien épargné. Et maintenant j'ai grande envie de me lancer tête baissée dans son précédent roman !



Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec ma partenaire de blog.
L'avis d'Anne Sophie se trouve ici => Fais-le pour maman


http://lesevasionsdekreen.blogspot.fr/p/ma-partenaire-de.html

mardi 2 septembre 2014

Principes mortels de Jacques Saussey

369 pages
5 septembre 2013
Les Nouveaux Auteurs


Eté 1979. Franck Servin, 18 ans, fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac. Il trouve refuge chez son oncle et sa tante, dans une ferme isolée de la Creuse où quatre ans plus tôt, son cousin a trouvé la mort sur une route qu'il connaissait pourtant depuis son enfance.

Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s'est jamais refermée. Elle ronge insidieusement le cœur de ses proches et attend son heure pour frapper de nouveau.



Je connais Jacques Saussey par le biais de Quatre Racines Blanches et Colère Noire. Et lire Principes Mortels après permet de casser le rythme des intrigues policières en se lançant dans une histoire tout en suspense, secrets du passé, sans inspecteur dans les parages. Et j’avoue avoir été conquise car ce style-là me sied généralement mieux que les intrigues policières.

Principes mortels génère tout ce que j’aime dans le genre. Le rythme est tenu d’un bout à l’autre. Les indices ne sont pas palpables, j’ai beaucoup supposé mais rien n’est sorti totalement sans appel. Et j’aime ne pas réussir à deviner, me lancer dans ma lecture avec autant d’engouement pour lire la suite, encore et encore.

J’ai beaucoup aimé la personnalité de notre narrateur, Frank, qui va de surprise en surprise, tout en contrant les démons de son père. Comprendre ce qui est arrivé à son cousin, suicide, accident, meurtre ? Toutes les hypothèses se développeront dans sa tête, cherchant l’implication des personnes qui se trouvent autour de lui, et qui pouvaient se trouver près de son cousin Paul à l’époque de sa mort.

J’ai beaucoup aimé l’histoire générale, mais aussi le dénouement qui peut en étonner plus d’un. L’alternance entre le passé et le présent donne une fin qui peut se deviner partiellement, mais qui reste étonnante.

Jacques Saussey est un homme que j’apprécie beaucoup pour avoir échangé des mots sur l’écriture et son parcours durant une heure entière en 2011. Et je suis contente de voir livre après livre, critiques après critiques lues sur le net, que je ne me suis pas trompée sur ses valeurs. Il est en passe de devenir un maître du polar reconnu de tous les français. Et c’est vraiment tout le bonheur qu’il mérite et que je lui souhaite.

lundi 30 juin 2014

Celui dont le nom n'est plus de René Manzor

393 pages
22 mai 2014
Kero


Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, gît un homme vidé de ses organes. L'assassin est une vieille dame à la vie exemplaire. Pourquoi cette femme a-t-elle sacrifié l'homme qu'elle a élevé comme un fils ? Elle est incarcérée. Pourtant, le lendemain, un autre homme est tué de façon similaire. Par la personne qui l'aimait le plus au monde. À chaque fois, les tueurs, qui ne se connaissent pas, laissent derrière eux la même épitaphe écrite dans le sang de leur victime : Puissent ces sacrifices apaiser l'âme de Celui dont le Nom n'est plus... Trois destins vont se lier autour de ces meurtres incompréhensibles: ceux de McKenna, vétéran de Scotland Yard, de Dahlia Rhymes, criminologue américaine et de Nils Blake, l'avocat de ces coupables qui ressemblent tant à des victimes. Trois destins, et trois vies détournées à jamais de leur cours. Grâce à une plume parfaitement maîtrisée, René Manzor signe un roman aux frontières de l'amour et de la mort dont on ne sort pas indemne. Un thriller haletant et dérangeant dont vous n'oublierez plus jamais le nom...


Celui dont le nom n’est plus est un excellent thriller. Je l’ai fort apprécié car il traite un thème qui me touche beaucoup : le trafic d’organe. Enfin… En apparence car l’on va de surprises en surprise tout au long du livre.

René Manzor nous englobe très facilement dans un univers glauque sans être morbide, il réussit à nous toucher en disséminant les victimes d’éventration, et il nous entraîne dans une histoire folle où le mot à redouter est l’hypnose.

Je connaissais l’auteur uniquement côté cinéma, avec Le Passage et Un amour de sorcière, 2 films que j’ai beaucoup aimés. Alors, découvrir qu’il avait déjà écrit un livre et que celui-ci était son deuxième, je me suis ruée dessus. Et j’ai totalement adhéré à son écriture, à son style, à son histoire, au dénouement… Au livre entier. J’ai déjà lu plus horrible comme descriptions, mais j’ai préféré ses approches, plus subtiles même si elles restent parfois sanglantes.

Dahlia et Nils furent les deux personnages qui m’ont le plus touchée. Ce sont deux écorchés de la vie et on aimerait qu’ils réussissent à prendre leur revanche.

Et ce qui a terminé ma lecture en beauté, c’est le dénouement… Roman à apprécier pleinement ! N’hésitez pas à tenter !


A noter : une carte de donneur d’organes à découper et remplir sur la dernière page du roman broché. Initiative qui a ma considération ! Même si ma carte de donneur est sur moi depuis une dizaine d’années déjà..


mardi 29 avril 2014

Running Man de Stephen King

259 pages
19 avril 1988 (pour cette édition)
Albin Michel


Premier quart du 20ème siècle. La dictature s’est installée aux États-Unis. La télévision, arme suprême du nouveau pouvoir, règne sans partage sur le peuple. Une chaîne unique diffuse une émission de jeux suivie par des millions de fans : c’est « La Grande Traque ». Ben Richards, un homme qui n’a plus rien à perdre, décide de s’engager dans la compétition mortelle.

Pendant trente jours il devra fuir les redoutables « chasseurs » lancés sur sa piste et activement aidés par une population encouragée à la délation. Tous les moyens sont bons pour éliminer Ben Richards…

Dans ce livre terrifiant, le maître incontesté du suspense, le grand écrivain américain Stephen King, alias Richard Bachman, nous fait vivre cette diabolique course contre la mort sans nous laisser un instant de répit. Fascinant.


L’histoire part sur les chapeaux de roue. Et ça, j’aime ! Stephen King a eu du flair pour son roman d’anticipation ! Il nous expose clairement une émission de téléréalité, en ce temps-là nommé simplement « jeu télévisé », alors que ce roman date du début des années 80. Tout y est pour plaire. Un homme en total désarroi face à sa femme qui essaie de gagner de l’argent en se prostituant pour soigner leur fille de dix-huit mois très malade. Il se décide à passer outre le chômage et tente sa chance dans ce jeu où il pourrait gagner une certaine somme leur permettant de sauver son enfant. Mais il entre dans une spirale qui le mènera à une fin inévitable. Et, sadiques que nous sommes, cette entrée en matière nous donne vraiment envie de continuer à lire, page après page.

Mais là où beaucoup ont eu le cœur qui a palpité, le mien s’est essoufflé. L’ampleur que l’histoire prend n’est pas du tout celle que je m’étais plus ou moins imaginée. Connaissant Stephen King et son imagination débordante, je m’attendais à des situations foldingues et un final explosif. Eh bien… on y repassera ! Je n’ai absolument pas trouvé mon compte habituel. Tout s’amorce comme une histoire normale au final, notre « héros » très bourrin et vulgaire offrira le spectacle que la chaîne télévisée souhaitait, et même au-delà ! Il y aura de la course-poursuite, mais somme toute assez « banale » si je peux me permettre… Rien d’énorme, rien d’étonnant. Pas de revirement de situation, tout file, tout reste simple, et ma déception s’est installée au fil des scènes. J’ai lu du Stephen King et du Richard Bachman nettement plus prenant, mieux ficelé, plus surprenant ! Et pourtant, j’ai foncé tête baissée durant près de la moitié du roman, tellement le début me plaisait.

C’est donc sur de la frustration, un final bien loin de mes attentes, sans aucune touche de surprise, aucun coup de théâtre, que j’ai terminé ma lecture plutôt fade. Réellement un des moins bons de l’auteur en ce qui me concerne…


Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec ma partenaire de blog.
L'avis d'Anne Sophie se trouve ici => Running Man



jeudi 27 mars 2014

Comment je vais tuer papa de Carina Bergfeldt

432 pages
5 février 2014
Black Moon


"Suède, Janvier 2010. Deux pieds dépassent de la surface gelée du lac Simsjön, près de la ville de Skövde. Ils appartiennent à Elisabeth Hjort, une jeune mère de famille. Trois autres femmes (deux journalistes et un inspecteur de police) s’intéressent de près à l’affaire. Trois femmes qui doivent affronter leurs propres démons. Parmi elles, l’une s’apprête à commettre un meurtre à son tour, à tuer celui qui a fait de sa vie un enfer : son propre père. Mais laquelle des trois est-elle ? "


Nous voilà face à trois femmes potentiellement capables de réaliser cet acte. J’ai commencé à cerner la bonne personne bien longtemps après le début du livre. Les indices ne sont pas parsemés comme on pourrait le penser. Deux histoires sont menées en parallèle. Découvrir l’assassin d’une femme retrouvée morte et suivre l’héroïne dans ses réflexions, à savoir : trouver le lieu, le jour, la manière de tuer son père. Ce père si violent avec elle, son frère et sa mère. Verbalement généralement pour les enfants, physiquement pour la mère. Cet homme ignoble qui, après avoir été quitté par sa femme, a refait sa vie et eu d’autres enfants. Et ce qui s’est produit durant tant d’années ne doit plus se reproduire. ELLE se l’est juré et ELLE est prête à se sacrifier pour qu’aucune autre personne ne soit malheureuse comme elle l’a été. Elle fera en sorte de trouver un moyen de ne pas être accusée de ce crime. Mais tout l’un dans l’autre nous amène à nous demander si elle va bien réussir tous ses objectifs. Et notre réponse arrivera à la fin.

Le reste du temps, on apprécie une enquête policière bien menée, qui ne sera pas le plus important dans ce roman mais qui apporte matière et réflexion au sujet de la famille, de la parentalité.

Je ne m’attendais pas du tout à ce style de livre venant des Editions Black Moon. Et j’en suis ravie ! Même si l’on trouve beaucoup de passages de notre héroïne enfant racontant les scènes horribles, ce livre n’est en rien purement ciblé pour les jeunes adultes. Je me suis totalement retrouvée dans cette lecture. Ce que ce père a fait subir à son petit monde est abject et l’on ne peut que comprendre l’envie irrépressible que tout s’arrête et que l’enfant devenu adulte se charge d’en finir avec lui. Le final est vraiment bien écrit, j’ai vraiment ressenti toute l’émotion que l’auteure a voulu transmettre, surtout après avoir lu toutes ces atrocités. Les scènes qui m’ont le plus outrées sont celles du « bang » répétitif dans la salle de bain et celle où le mari retrouve sa femme enceinte dans les commodités. J’ai même envie de dire : âmes trop sensibles s’abstenir.

Je remercie réellement les Editions Hachette/Black Moon de m’avoir permis de lire un tel livre. Je le recommande vivement. Si le résumé vous interpelle, vous intrigue, si vous avez connu ces drames de près ou de loin, si mon avis personnel vous plaît, je ne peux que vous conseiller ce roman. Il se lit très vite, et ne comporte aucun temps mort.


dimanche 16 mars 2014

Mapuche de Caryl Férey

560 pages
30 janvier 2014
Folio


Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.

Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire.
Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires...
Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d un des hommes d affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales...



Je tiens tout d’abord à remercier les Editions Folio de m’avoir permis de découvrir cet auteur.

Jana, jeune mapuche en proie à de dures souffrances, demande à un détective, Rubén Calderón, d’enquêter sur le meurtre de son amie travestie, Luz. Mais elle est loin de se douter que cet homme n’est pas comme les « autres », ceux qui profitent de son corps. Elle va réussir, bien que difficilement, à aller de l’avant en participant aux recherches de cet homme différent.

Rubén, écorché de la vie, ayant perdu son père et sa sœur d’une façon atroce, cherche à faire sa propre justice dans l’enfer argentin. Sa rencontre avec Jana va lui permettre de trouver un nouveau souffle à son existence.

Caryl Férey nous enfonce dans l’Argentine choquée par les années de dictature. Il dépeint avec grand intérêt les faits de cette époque. On sera donc très impressionné par les recherches et la documentation qui remplissent une bonne partie du roman. Pour ma part, ce fut légèrement trop. J’ai parfois décroché. Mais se repérer historiquement, connaître des faits importants doit être le lot de bon nombre de lecteurs.

Je n’avais rien lu de cet auteur. J’avais été prévenue d’un style très particulier, cru, parfois violent, et je ne peux que confirmer. Des tournures de phrases sont très « spéciales », elles se veulent imagées, mais parfois j’ai trouvé que les qualificatifs employés rendaient les scènes confuses, mal exprimées. Je n’ai pas totalement adhéré à ce style, certaines scènes se voulant très décrites, très intimes, m’ont plutôt paru comme un essai très discutable, controversé.

Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié l’histoire et tous les faits qui s’y développent. On est entraîné dans une action permanente, sans temps mort. Chaque personnage rencontré nous est présenté. A nous de nous faire notre opinion sur chacun d’eux. Tout est amené pour que le lecteur soit à l’affût, et n’ait pas envie de poser sa lecture. C’est pour dire, j’ai lu les 549 pages en cinq jours…

Bizarrement, en fermant ce livre, j’ai comme un sentiment de petite déception. Je m’attendais peut-être à autre chose. J’ai aimé mais il me manquait ce truc qui me rend extatique en tournant la dernière page. Je pense réitérer l’expérience avec l’auteur en lisant Zulu car l’on me l’avait annoncé comme « meilleur roman de l’auteur à ce jour ».