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dimanche 28 août 2016

Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

240 pages
27 janvier 2016
Albin Michel


Journal intime tenu durant l'année où Mathias Malzieu a lutté contre la maladie du sang qui a altéré sa moelle osseuse et la mort personnifiée, Dame Oclès. 


"Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue."

Attention, mon coup de cœur 2016.

J'ai été littéralement envoûtée, transportée par les mots que je lisais. Et pourtant... Mathias Malzieu s'est battu comme un lion durant cette année.
Il ne sait depuis combien de temps il poussait ses forces à bout. Mais son corps fut fortement anémié et lorsqu'il se rend compte qu'il voit les pièces s'agrandir autour de lui, qu'il n'a plus la force de marcher et qu'il perd son sens de l'équilibre, il se raisonne et finit par consulter. Et de là s'installe la maladie. Et il faut la combattre, peu importe le planning professionnel qui s'impose à lui. Et pourtant, cela prend place au moment de la promotion de son film Jack et la mécanique du cœur, un long métrage qu'il voit comme un rêve se réaliser enfin. Il ne doit pas rater tout ce qu'il se passe autour, et veut concilier les traitements avec ses rencontres médiatiques sans que quiconque remarque son état de santé. Et c'est là que je suis en admiration. Je n'ai rien vu à l'époque. Et pourtant j'ai suivi la promotion du film, tellement j'attendais ce moment. J'avais emmené ma fille de 8 ans voir le film d'animation à sa sortie en salles.

Mathias Malzieu est connu et reconnu pour ses livres à l'écriture poétique et enivrante pour toute personne qui s'aventure entre ses lignes. Et dans Journal d'un vampire en pyjama, qu'il a écrit durant son année de maladie, de chambre stérile, de greffe, il a gardé cette façon bien à lui d'écrire la douleur, l'angoisse et l'inévitable en étant honnête, certes, mais surtout en mettant beaucoup de choses en scène de façon plus abordable pour le public. Il se nomme vampire car il a besoin de transfusion de sang encore et encore, il sent l'épée de Dame Oclès au-dessus de lui et voit même cette Dame se matérialiser de plus en plus souvent... C'est un essai réussi, magnifique à lire et relire, qui nous fait vibrer, frissonner, tellement la magie Malzieu opère. Même si je n'ai pas encore lu tous ses livres, je pense que cet écrit est vraiment le plus réussi, le plus honnête et le plus impressionnant de toute son oeuvre.



Et pour ceux qui auront autant apprécié que moi, l'album Vampire en pyjama sorti dans la foulée sera un petit plus pour prolonger l'univers du "grand" homme.



N.B. : Je l'ai rencontré quelques mois avant que sa maladie soit diagnostiquée, lors d'une dédicace pour Le plus petit baiser jamais recensé, et l'échange fut vraiment doux et agréable... Un régal !





lundi 25 juillet 2016

Folle de lui d'Helen Fielding

448 pages
1er octobre 2014
Albin Michel


Veuve, 51 ans, mère de deux enfants en bas âge, mais toujours en quête de l'homme idéal: Bridget is back !

Elle n'est plus obsédée par ses kilos, plutôt par les réseaux sociaux, le nombre d'amis qu'elle a sur Facebook (ce qui ne peut que mal se passer, vu son niveau en informatique) et ses enfants qui la font tourner en bourrique.
Le grand Mark Darcy avec qui elle a vécu le bonheur conjugal pendant dix ans est mort dans un accident, et après une longue période de deuil, Bridget se transforme en cougar dans les bras d'un trentenaire sexy (et quelque peu immature). Mais pour combien de temps? Car elle a bien entendu toujours le don de se mettre dans des situations impossibles. Les mésaventures de cette Bridget plus posée et plus mûre n ont rien perdu de leur piquant. Au contraire.

Un roman pétillant et audacieux qui plaira aux fans de la première heure, qui ont vieilli avec Bridget et se reconnaîtront dans cette quinqua toujours aussi drôle...



Je n'avais pas voulu lire le résumé de l'histoire. Le fait de savoir que c'était la suite de Bridget Jones me suffisait. Mais bon sang que je suis tombée de haut quand j'ai découvert ce qu'il était arrivé à mon héroïne chérie !!! Elle a 51 ans quand le récit de sa vie reprend. Elle a 2 enfants, mais l'horreur dans tout ça, c'est qu'elle a perdu son mari. Je pensais qu'ils avaient divorcé au tout début, mais on apprend par la suite que ce n'est pas du tout ça, et c'est encore pire, car le but du livre aurait pu être de le reconquérir... Mais non, Darcy est mort.... Et elle doit se remettre de cette horrible chose, ce qu'elle a du mal, malgré le temps qui passe. Et le but de ce livre sera, au final, la voir reprendre sa vie en main.

J'ai eu du mal à ingurgiter le début, j'étais tellement déçue qu'Helen Fielding ait fait mourir notre chéri des deux premiers tomes ! Mais peu à peu, le plaisir de redécouvrir Bridget et de la retrouver comme avant, avec son vécu néanmoins, est venu prendre part à mon plaisir de lire. L'écriture est restée la même et si l'on fait abstraction de la perte de l'homme tant aimé, ce livre est très agréable à  lire. Mais il reste tout de même le moins bon des 3.


Ne vous attendez tout de même pas à des situations dignes des premiers tomes. C'est peut-être ce qui fait la faiblesse de ce livre. Daniel est devenu quelqu'un de bien triste, et les moments drôles ont tout de même un goût amer, car on ne peut s'empêcher de penser à tout ce qu'il y a eu avant de frais, de drôle, de cocasse, et ces moments-là ont fait le succès des précédentes histoires. Ici, on en est loin.


mercredi 11 février 2015

J'aimais mieux quand c'était toi de Véronique Olmi

134 pages
2 janvier 2015
Albin Michel



Une femme sur un banc de la gare de l'Est en pleine nuit revoit les dernières 24 heures qui l'ont amenée là. 

Nelly est comédienne de théâtre, sa journée est entièrement aimantée vers le rôle qu'elle joue en soirée : la Mère de Six personnages en quête d'auteur de Pirandello. Ce soir-là quand débute la représentation, elle reconnaît au cinquième rang l'homme qui l'a quittée quelques mois auparavant, qu'elle aime toujours, et dont elle a refoulé jusqu'au nom. Prise dans le vertige d'une passion qui la broie à nouveau, l'actrice en elle s'affaisse et ne peut plus jouer.



Je remercie beaucoup Babelio et les Editions Albin Michel de m'avoir confié cette lecture.

Après un début assez laborieux, je sors du récit mitigée mais pas totalement déçue.

J'ai en effet bien difficilement accroché à ce roman. Mais j'avais été prévenue, alors je ne m'attendais à rien de particulier. C'est le premier livre de Véronique Olmi que je lis. J'avoue qu'elle a une écriture propre à elle et c'est ce qui accroche d'emblée le lecteur. J'ai pourtant eu du mal à aller au bout de ma lecture. J'ai trouvé tout le passage (plus de la moitié du roman) précédant son moment fatidique sur scène très long. Je me suis beaucoup ennuyée car trop de ressentis sont décrits par rapport à un amour qui l'a écorchée très/trop profondément. Pourtant sa belle plume donne envie d'avancer. Mais les situations sont trop passives. Et à force de passivité, j'ai commencé à me lasser.

Nelly est comédienne et panse encore et toujours ses blessures amoureuses créées par un homme qu'elle ne peut plus nommer. Elle nous parle de lui, l'avant-après, de tout ce qu'elle a en elle, ce qu'elle a besoin de "vomir" pour essayer de se sentir mieux, au moins un peu. Puis vient la fameuse représentation théâtrale où elle LE voit dans le public. Elle en est tétanisée et... Il faudra lire J'aimais mieux quand c'était toi pour connaître l'issue de cette histoire d'amour qu'on l'a forcément connue un jour.

J'avoue que ce qui m'a le plus plu, c'est l'immersion dans le milieu théâtral. Véronique Olmi nous expose avec son excellente narration tout ce que le comédien peut ressentir face à un rôle à jouer et tout ce qui peut se passer autour de cette "fausse vie".


Roman pour passer un moment d'intimité avec l'auteure et se reconnaître en Nelly, qui se lira peut-être plus facilement pour certains. D'après les fans de Véronique Olmi, certains de ces précédents romans sont tout de même nettement plus aboutis. 


dimanche 18 janvier 2015

Barbe Bleue d'Amélie Nothomb

180 pages
22 août 2012
Albin Michel


La colocataire est la femme idéale.




J'ai retrouvé là l'Amélie qui m'a conquise il y a quelques années. Certes ce n'est pas l'un de ses meilleurs romans, mais le style incisif et vivant de son écriture est toujours présent, et ça j'adore !

Ici elle met au goût du jour l'histoire de Barbe Bleue. Je ne pourrai pas comparer car je ne l'ai malheureusement pas lu, mais j'ai trouvé un bref résumé qui m'a permis de mieux comprendre le pourquoi de cette histoire tordue. Il m'a tout de même manqué l'ironie, le revirement de situation, le petit truc qui me fait dire "Wouah elle est vraiment forte" comme cela m'est souvent arrivé avec ses romans. L'histoire reste tout de même intéressante à lire par son originalité. Il faudra juste aimer les dialogues à gogo...

Le premier tiers m'a fait me demander où tout cela allait nous mener, le deuxième a enfin retenu mon attention car on comprend mieux où nos 2 protagonistes - Saturnine, la nouvelle colocataire et Don Elemirio, l'homme qui a tué ses 8 précédentes colocataires - nous emmène avec toutes leurs questions/réponses, et le troisième amène au dénouement pas si attendu que ça, mais néanmoins simple, peut-être trop simple justement.

Etant une grande fan Nothombienne des premières années, je peux tout de même vous recommander Barbe Bleue. Il faut juste mettre dans un coin de sa tête que son grain de folie a bel et bien disparu.


Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec ma partenaire de blog.
L'avis d'Anne Sophie se trouve ici => Barbe Bleue



lundi 12 janvier 2015

La vérité et autres mensonges de Sascha Arango

313 pages
28 janvier 2015
Albin Michel


Henry Hayden sort de nulle part, il n’a pas de travail fixe, pas d’amis ni de famille, et un passé à cacher, qu’on devine lourd. Un matin, après une nuit alcoolisée, il se réveille à côté d’une femme inconnue et, contre toute attente, devient en quelques mois le mari idéal et un auteur de bestsellers adulé. Tout irait pour le mieux, si ce n’est qu’Henry n’écrit pas ses romans – c’est sa femme qui en est l’auteur– et quand sa maîtresse – son éditrice – vient lui annoncer qu’elle est enceinte, il essaie de se débarrasser d’elle. Mais c’est sa femme qu’il élimine par erreur, mettant en péril sa carrière et l’existence qu’il s’est construite. Pourtant, un dernier chapitre de son livre arrive quand même sur le bureau de son éditeur… Un suspense qui éblouit autant par son style sobre, drôle, sec, maitrisé, que par son intrigue retorse, imprévisible et jubilatoire. Le portrait d’un usurpateur, d’un manipulateur cynique que l’on devrait haïr mais que l’on ne peut parvenir à détester. C’est la grande force de ce formidable coup de maître.


Il faut éviter de prendre ce roman sans avoir assez de temps devant soi. J'ai eu le malheur d'avoir un emploi du temps chargé quand je me suis mise à le lire et je ne me suis pas sentie happée, ni envoûtée par l'histoire. L'histoire de base m'a pourtant bien plu : un homme que l'on découvre au fil des pages comme étant un déséquilibré se fait passer comme l'auteur des romans de sa femme, à sa demande. Mais il n'a pas pu s'empêcher de la tromper avec son éditrice, alors qu'il n'en a rien à faire d'elle. Et quand elle lui apprend qu'elle est enceinte de lui, il se met en tête de trouver une solution. Il voudrait tout dire, pour arrêter tout mensonge, mais les circonstances décideront à sa place... Et il se trouvera dans un désarroi, une détresse qu'il n'avait jamais souhaitée. Puis le passé va le rattraper...

On peut qualifier ce roman plus comme policier qu'autre chose. Car il y a toute l'intrigue autour des disparitions, même si l'on ne voit pas trop par l'œil de la police.

La psychologie du personnage meneur, Henry, est rondement menée, très bien ciblée. Je n'ai pas été attirée par les autres personnages. Ils étaient tous dans l'ombre d'Henry au final...

Mais l'histoire ne m'a pas plus enthousiasmée dans l'ensemble. On part de découvertes en étonnements pourtant, mais cela vient peut-être du style de l'écriture... J'ai eu pas mal de passages où je ne me sentais pas du tout impliquée.

Une lecture ratée pour ma part.



jeudi 31 juillet 2014

Juste avant le bonheur d'Agnès Ledig

352 pages
2 mai 2013
Albin Michel


Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l'attention d'un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire.

Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu. Mais au retour, c'est le tragique accident de voiture et Lulu meurt après un long coma. Une chaîne de soutien, d'affection et de tendresse se forme autour de Julie. Avec elle, à travers elle, des êtres désemparés tentent de réapprendre à vivre et de saisir une deuxième chance. La force des épreuves surmontées, l'espoir d'un nouvel amour, ainsi qu'une bonne dose d'intelligence et d'humour peuvent réussir ce miracle.



Juste avant le bonheur est une histoire douce, sans grande prétention, qui relate la vie de tous les jours. Des rencontres, des liens qui se créent, des pertes douloureuses de personnes que l’on aimait… Ici, ce sont plusieurs personnes que la vie a écorchée qui vont se trouver, et se recréer un futur. Paul, le plus âgé de tous, a un gros coup de cœur pour une jeune caissière qui est fatiguée de la vie. Venant d’être quitté par sa femme, il a besoin de se sentir utile, et décide de la prendre sous son aile. Puis l’on rencontre son fils, Jérôme, qui lui vient de perdre la sienne. Pour remettre du baume au cœur de tout le monde, Paul va emmener Jérôme, Julie et son fils Ludovic dans sa maison en Bretagne. Cette première partie est douce et prévisible. Jusqu’à ce que la deuxième partie s’enclenche et le mélodrame commence…

L’histoire est assez banale, elle est certes bien racontée, mais tout est très prévisible. Les beaux et bons sentiments sont présents, la tristesse aussi, mais dans ce genre j’ai lu nettement mieux. Je ne me sens pas tout à fait déçue par ma lecture, mais plutôt mitigée… Agnès Ledig a souvent la même façon d’écrire que moi, j’ai retrouvé plusieurs passages qui m’ont rappelé ce que j’écrivais, et ça m’a fait bizarre…

Pour ce qui est des personnages, j’avoue que je les ai tous appréciés. Mais cela n’a pas suffi à me faire aimer ce livre comme tant d’autres lecteurs…

Si vous souhaitez une histoire qui puisse vous montrer le sens de la vie, vous donner envie de sourire et de pleurer, vous aurez votre compte avec ce roman. Et vous serez peut-être plus en phase que moi avec tout ce qui s’y passe…


Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.


mardi 29 avril 2014

Running Man de Stephen King

259 pages
19 avril 1988 (pour cette édition)
Albin Michel


Premier quart du 20ème siècle. La dictature s’est installée aux États-Unis. La télévision, arme suprême du nouveau pouvoir, règne sans partage sur le peuple. Une chaîne unique diffuse une émission de jeux suivie par des millions de fans : c’est « La Grande Traque ». Ben Richards, un homme qui n’a plus rien à perdre, décide de s’engager dans la compétition mortelle.

Pendant trente jours il devra fuir les redoutables « chasseurs » lancés sur sa piste et activement aidés par une population encouragée à la délation. Tous les moyens sont bons pour éliminer Ben Richards…

Dans ce livre terrifiant, le maître incontesté du suspense, le grand écrivain américain Stephen King, alias Richard Bachman, nous fait vivre cette diabolique course contre la mort sans nous laisser un instant de répit. Fascinant.


L’histoire part sur les chapeaux de roue. Et ça, j’aime ! Stephen King a eu du flair pour son roman d’anticipation ! Il nous expose clairement une émission de téléréalité, en ce temps-là nommé simplement « jeu télévisé », alors que ce roman date du début des années 80. Tout y est pour plaire. Un homme en total désarroi face à sa femme qui essaie de gagner de l’argent en se prostituant pour soigner leur fille de dix-huit mois très malade. Il se décide à passer outre le chômage et tente sa chance dans ce jeu où il pourrait gagner une certaine somme leur permettant de sauver son enfant. Mais il entre dans une spirale qui le mènera à une fin inévitable. Et, sadiques que nous sommes, cette entrée en matière nous donne vraiment envie de continuer à lire, page après page.

Mais là où beaucoup ont eu le cœur qui a palpité, le mien s’est essoufflé. L’ampleur que l’histoire prend n’est pas du tout celle que je m’étais plus ou moins imaginée. Connaissant Stephen King et son imagination débordante, je m’attendais à des situations foldingues et un final explosif. Eh bien… on y repassera ! Je n’ai absolument pas trouvé mon compte habituel. Tout s’amorce comme une histoire normale au final, notre « héros » très bourrin et vulgaire offrira le spectacle que la chaîne télévisée souhaitait, et même au-delà ! Il y aura de la course-poursuite, mais somme toute assez « banale » si je peux me permettre… Rien d’énorme, rien d’étonnant. Pas de revirement de situation, tout file, tout reste simple, et ma déception s’est installée au fil des scènes. J’ai lu du Stephen King et du Richard Bachman nettement plus prenant, mieux ficelé, plus surprenant ! Et pourtant, j’ai foncé tête baissée durant près de la moitié du roman, tellement le début me plaisait.

C’est donc sur de la frustration, un final bien loin de mes attentes, sans aucune touche de surprise, aucun coup de théâtre, que j’ai terminé ma lecture plutôt fade. Réellement un des moins bons de l’auteur en ce qui me concerne…


Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec ma partenaire de blog.
L'avis d'Anne Sophie se trouve ici => Running Man



vendredi 14 février 2014

La Nostalgie Heureuse d'Amélie Nothomb

162 pages
21 août 2013
Albin Michel


"Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. A l’âge de cinq ans, quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête ? ".


Avec ce livre, on est loin des histoires folles ou des récits autobiographiques atypiques de l’auteure. Nous sommes ici lecteurs de son voyage, retour aux sources, au Japon. Amélie Nothomb nous livre toutes ses pensées face à l’enregistrement programmé par France 5 en 2012 pour l’émission intitulée Empreintes.

Alors certains en seront heureux, d’autres totalement déçus… Je me situe entre les deux. J’adore lire ses romans autobiographiques, mais cette fois, je trouve que son récit n’a rien d’exceptionnel. Elle raconte ses sentiments face à des retrouvailles, avec sa belle plume, son style d’écriture bien à elle, et cela s’arrête là. J’ai tout de même apprécié le lire. Découvrir les séquelles de Fukushima (moment tout de même très émouvant), les retrouvailles avec sa nourrice… J’avais vu quelques extraits de ce documentaire en 2013, mais j’aurais vraiment aimé pour le voir en entier, et surtout en parallèle avec La Nostalgie Heureuse, car il y aurait l’apparence et la réalité réunis.

Il y a de petits clins d’œil à Ni d’Eve ni d’Adam, récit où elle parle de sa relation avec Rinri, qu’elle va aussi  retrouver durant ce séjour ; un petit retour sur les retombées de Stupeur et tremblements dans le pays… Petit livre agréable, mais pas inoubliable…

mercredi 15 août 2012

J'ai rêvé de courir longtemps de Ron McLarty


Résumé :
Solitaire, obèse, alcoolique, dépressif, Smithy Ide se retrouve orphelin à quarante-trois ans. Sa vie aurait pu s'arrêter là. C'est là qu'elle va commencer. Il enfourche sa vieille bicyclette et, de New York à Los Angeles, il se met à pédaler, pédaler, pédaler... Ce roman pas comme les autres a bien failli ne jamais être publié. Découvert par Stephen King, qui a clamé haut et fort son enthousiasme, ce chef d'œuvre d'humour et de tendresse rencontre un immense succès aux Etats-Unis.

Mon avis :

Je me suis lancée dans cette histoire qui, par la quatrième de couverture, avait l’air peu commune. J’avais quand même le sentiment que c’était du « déjà-vu » avec le film « Une Histoire Vraie » de David Lynch. Au final, l’idée de base ressemble au film, mais l’histoire est propre à l’auteur.

Je pensais tout de même avoir du mal à entrer dans l’histoire, mais honnêtement… Je n’ai pas pu résister à mon envie de toujours savoir la suite, car l’auteur commence son roman avec l’annonce de l’accident de ses parents. Une bonne entrée en matière pour happer le lecteur… Et très rapidement toutes mes craintes ont été effacées. Je me suis prise d’affection pour cet homme qui se qualifie comme un être obèse, idiot et alcoolique. J’avais une certaine pitié pour cet homme assisté par ses parents, qui se retrouve tout à coup orphelin, devant se gérer seul à… 43 ans… Et là on apprend que sa sœur, une fille ayant une maladie à tendance suicidaire, ayant disparu il y a quelques années, a été retrouvée morte de froid et qu’elle repose à la morgue de Los Angeles. Il ne mettra pas longtemps à se rendre compte qu’il n’a plus qu’une chose à faire, et ce fut même instinctif pour lui : enfourcher son vélo et partir de Rhode Island pour rejoindre sa sœur…
Et là nous partons pour une aventure où les sentiments fusent. Smithy, notre héros, déborde d’amour, de confusion, de tristesse, de maladresse, et il va nous faire vivre ce voyage à son rythme. Il réussira à aller au-delà de ses craintes et, sans s’en rendre compte, réussira à perdre le poids et les mauvaises habitudes concernant la nourriture et la boisson qu’il voulait, mais qu’il n’avait jamais eu la force d’affronter.
L’auteur fait des va-et-vient entre l’avancée de Smithy et des retours en arrière, sur le passé de sa sœur la plupart du temps. Cela nous permet de mieux cerner les soucis qu’ils ont eu plus jeunes, et de comprendre la personnalité de Bethany.

Que j’ai aimé cette histoire ! Smithy m’a profondément touchée, c’est un homme simple, avec des sentiments aussi simples, et que l’on a envie d’aider ! Bethany, sa sœur, est une personne pleine de détresse, et elle m’a fendu le cœur à plusieurs reprises. J’ai même eu la larme à l’œil quand elle lui dit qu’elle veut mourir… Quant à Norma, la voisine amoureuse de Smithy, c’est un petit bijou de femme, comme tous les hommes bons devraient avoir. Ils se sont bien trouvés ces deux-là !

J’ai terminé ma lecture à regret. J’étais pressée de connaître la fin mais quand je voyais les dernières pages défiler, je rebroussais chemin pour être sûre de n’avoir rien sauté. Stephen King a bien eu raison de plébisciter cette œuvre autant qu’il a été dit aux USA. Car Ron McLarty a réalisé un bien bon roman, plein de sentiments, et très juste. Chapeau.