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jeudi 4 août 2016

Un été 42 d'Herman Raucher

352 pages
2 juin 2016 (pour cette édition)
Folio


Oscy est le chef, il sourit tout le temps. Benjie est le plus jeune et il obéit à Oscy. Hermie, leur ami, 15 ans, est le spécialiste de l'inquiétude. Cet été 42 est son été. A eux trois, ils forment le Trio Terrible, qui partagent les cigarettes mouillées, les expéditions absurdes, les réflexions profondes, les vannes. Mais le Trio s'ennuie. Et Hermie est amoureux fou d'une femme qui a au moins 23 ans et ne sait même pas qu'il existe. "Si c'est l'amour de ta vie, va lui dire bonjour !" dit Oscy. Facile à dire.


Cette histoire prend place pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle ne sera que la toile de fond et cela nous permet de lire autre chose que des moments de guerre et de terreur.

Nous faisons la connaissance de 3 jeunes hommes, à l'aube de leur sexualité : Benjie, Oscy et Hermie. Le premier, le plus jeune, reste assez en retrait dans l'histoire ; le deuxième se prend pour le chef de la bande ; le troisième est le plus savoureux, le plus drôle et le plus posé de tous. Mais les hormones le travaille plus que ses camarades et cet été de l'année 42 va être propice à son épanouissement sexuel. Il va tomber amoureux fou d'une femme plus âgée que lui et espérera croiser son chemin, son regard, et plus encore, malgré que son mari est parti à la guerre.

Les émois de ces jeunes garçons sont racontés d'une façon très subtile généralement, surtout lorsque l'on parle d'Hermie. Oscy est un jeune homme un peu trop déluré et a un bagout un peu trop forcé. Ce dernier veut à tout prix dépuceler son ami et sa lourdeur dans ses décisions fera sortir Hermie plusieurs fois de ses gonds.

C'est tout cet ensemble qui est drôle. J'admire l'auteur d'avoir réussi à écrire une histoire si simple avec des mots si doux, si tendres, qui donnent l'impression d'être susurrés à notre oreille. J'ai un réel coup de cœur pour le caractère et la personnalité d'Hermie (notre auteur donc). Il est réaliste, sensé, posé, et ne veut faire de mal à personne. Il souhaite découvrir l'amour d'une belle façon et c'est tout à son honneur.

Non seulement Hermie est un coup de cœur (ce qui est extrêmement rare chez moi) mais c'est tout le livre qui en représente un. Je suis admirative du style d'écriture d'Herman Raucher. C'est tellement poétique, quand il le faut, et "rentre-dedans" quand le personnage ou la situation l'impose. J'ai savouré l'histoire, belle, drôle et finalement triste à la fois. Et elle est d'autant plus authentique qu'elle reflète l'adolescence de l'auteur, ayant voulu écrire sa jeunesse pour rendre hommage à son ami Oscy mort pendant la guerre de Corée.

Je me tenterai peut-être à regarder le film un jour. En tout cas je remercie vraiment les Editions Folio de m'avoir fait découvrir cet incontournable de la littérature classique et historique.








lundi 25 juillet 2016

La valise d'Hana de Karen Levine

135 pages
7 novembre 2002
Flammarion Jeunesse


C'est une valise on ne peut plus ordinaire.
Elle est marron. Elle est grande.
On pourrait y mettre beaucoup de choses.
Mais aujourd'hui, elle est vide.
Dessus il est écrit le nom d'une petite fille, Hana Brady ; une date de naissance, 16 mai 1931 ; et un mot, "orphelin".
Cette valise vient du camp d'Auschwitz.
Qui était Hana Brady ?

Que lui est-il arrivé ?



Ce petit livre est fait pour nos enfants, dès 9 ans selon moi. Il nous apprend d'une façon simple ce qu'il s'est passé pour la petite Hana, déportée lors de la Seconde Guerre Mondiale avec son frère, ses parents ayant été emmenés avant eux. Et en parallèle à cette histoire nous est raconté celle de Fumiko, directrice d'une association à Tokyo, souhaitant sensibiliser les enfants à l'époque de la Shoah. Elle ramène une valise représentative, celle d'Hanah, et décide de recoller les morceaux de son histoire.

C'est sobre, court, mais il y a tout ce qu'il faut pour faire passer une belle émotion aux parents et aux enfants. A lire et à faire lire.

jeudi 7 avril 2016

Sirius de Jonathan Crown

240 pages
21 janvier 2016
Presses de la Cité


Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux Etats-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l'Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s'acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n'ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu'un tour de magie échoue et le fait "réapparaître" à Berlin. Il sera alors le dernier confident d'Hitler...


Sirius est un ovni dans les livres sur la Seconde Guerre Mondiale. J'étais dubitative avant de commencer, je l'ai refermé le sourire aux lèvres. C'est assez inhabituel de trouver une histoire aussi atypique retranchée dans une époque meurtrière.

Levi est un chien intelligent qui vit avec son maître et sa famille. Ils habitent tous Berlin. Mais quand le nazisme monte, on leur propose de partir vivre à Hollywood. Levi aura changé de prénom entre temps, pour faire moins "juif". On l'appelle désormais Sirius.

Et là, c'est le début d'une nouvelle vie pour notre héros. Destin hors norme, histoire loufoque, parallèle avec la montée hitlérienne qui met quand même une certaine pression à cette histoire. Il nous est obligé de ressentir certains moments d'une façon assez tendue... Mais l'auteur nous remet en place avec le beau Sirius et son intelligence qui le fait devenir la coqueluche américaine.

C'est frais, spécial, joyeux et grave en même temps, et je suis bien contente de ne pas être passée à côté de ce roman. Moi qui aime lire des histoires sur cette époque, je l'ai appréhendée d'une autre manière, et c'est tout à l'honneur de Jonathan Crown.

J'ai particulièrement aimé le dénouement, et tous les moments où Sirius, devenu Hansi pour son retour en Allemagne, partage les derniers instants du Führer.  

N'hésitez pas à vous laisser tenter !

mercredi 23 mars 2016

Le tabac Tresniek de Robert Seethaler

272 pages
11 février 2016
Folio


En août 1937, le jeune Franz Huchel quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique. Au Tabac Tresniek, où se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente, il fera l'apprentissage de la vie. Conseillé par Otto et un vieux docteur malade, fidèle client du tabac prénommé Sigmund Freud, Franz tente de séduire Anezka, une belle artiste de cabaret dont il est tombé amoureux. L'humour viennois d'Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, plein de vie et de poésie, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.


Cette histoire s'inscrit dans les prémices de la Seconde Guerre Mondiale. Le jeune Franz est envoyé par sa mère chez un vieil ami habitant Vienne, Otto Tresniek, un buraliste unijambiste, pour l'aider à gagner un peu d'argent. Il découvre le monde du travail, et fait de belles rencontres : un certain Sigmund Freud et une belle danseuse du nom de Anezka. Ces 3 personnes vont bouleverser sa vie.

Il échange régulièrement des lettres avec sa mère, parlant de la pluie et le beau temps, si rien d'autre ne vient perturber ses pensées. Mais vient la montée du nazisme et la Gestapo est là. La légèreté des situations avec nos protagonistes fera place à l'inquiétude et la concrétisation de ce qui était tant redouté.

Ce roman se base sur l'Histoire et en fait un beau moment de lecture, à la fois douce, cruelle et triste. Ici est décrit une vie perdue parmi tant d'autres à l'époque où être juif est un fléau. Il est là pour nous évoquer ce fort contraste que le monde a connu avec Hitler : passer de la joie et l'insouciance à l'horreur et la mort. Et ce qui peut plaire aux lecteurs, c'est que nous n'entrons jamais dans le vif du sujet. Ce livre n'est pas là pour ça. Et quelque part, c'est ce qui le rend agréable.

Le tabac Tresniek fut une lecture légère au départ, avec une montée en tension et en émotion. L'écriture est juste, les pages défilent très rapidement.


Je remercie grandement les Editions Folio de m'avoir permis de découvrir cet auteur. 




vendredi 10 octobre 2014

L'expédition tome 1 - Le lion de Nubie de Marcelo Frusin et Richard Marazano

56 pages
2 février 2012
Editions Dargaud


Peu après la conquête de l'Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d'un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, et de bijoux en métaux rares et des pierres précieuses, dont l'ouvrage magnifique évoque l'existence d une civilisation riche et puissante. Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d'expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome. Seuls trois d'entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.


J'aime beaucoup les BD mais malheureusement elles ont tendance à ne pas faire le poids par rapport à ma pile de romans à lire... Mais j'ai réussi à trouver de l'engouement pour celle-ci car je trouvais la couverture très belle et l'histoire m'intéressait beaucoup !
L'Egypte et La Rome Antique sont au centre de ce premier volume, et cela contribue à la réalisation de dessins très esthétiques et soignés, qui m'ont tout de suite attiré l'oeil. Et, au sortir de cette lecture, autant je trouve que l'histoire met du temps à se mettre en place (heureusement qu'il y a plusieurs tomes), autant j'ai été captivée par la beauté des dessins. C'est tout à fait le style que j'aime, mes yeux se sont donc régalés !
L'histoire se met donc doucement en place mais offre un début d'intrigue qui donne envie d'en savoir plus. J'espère juste que la suite aura plus de consistance. Je sais déjà que je vais me la procurer !


dimanche 30 mars 2014

Le liseur de Bernhard Schlink

249 pages
23 février 1999
Folio


A l'âge de quinze ans, Michaël – le narrateur – découvre l'amour dans les bras d'Hanna, une voisine de vingt ans son aînée ; pendant six mois, il la rejoint tous les jours et partage avec elle plaisirs de la chair et moments de lecture. Mais sa maîtresse, personnage secret, disparaît un jour mystérieusement. Sept ans plus tard, Michaël la retrouve par hasard, alors qu'il assiste à un procès pour crime de guerre, où elle figure au banc des accusés ; il découvre à cette occasion un fait qui pourrait atténuer sa condamnation, mais choisit de n'en rien dire, par respect pour celle qui a marqué si profondément sa vie. Il renouera leur relation au cours des dix-huit années d'incarcération de celle qu'il comprend enfin un peu mieux. 


Déjà, je me félicite d’avoir oublié depuis longtemps la quatrième de couverture. Car, il faut bien le dire, la quasi-totalité de l’histoire y est résumée. Je me suis souvenu du principal, et bien m’en a pris !

J’ai découvert un récit tout en sensibilité, tout en finesse d’un homme qui découvre la vie à travers sa rencontre avec Hanna, femme plus âgée que lui, à l’époque âgé de quinze ans. Il en sera chamboulé, comme si sa vie ne dépendait que d’elle. Jusqu’au jour où il sera obligé de grandir et vivre sans cette présence, sans cette drogue qu’elle était devenue. Car elle s’en ira du jour au lendemain, sans laisser de trace derrière elle. Et notre jeune homme devra panser ses blessures seul… Jusqu’au jour où il la reverra, dans des circonstances bien inattendues… Et là il comprendra quelque chose à son sujet. Et cela rendra cette femme plus humble qu’on ne l’aurait pensé. Loin de nous l’image de la femme-manipulatrice qu’elle dégageait, même si l’on se doutait déjà depuis longtemps de la révélation. On souffrira avec Michaël, mais aussi avec Hanna. Voir leur vie si différente, et que tout finisse par les séparer, c’est dur et triste.

Triste comme le dénouement, auquel je ne m’attendais pas, et mon cœur fut déchiré en lisant les quelques lignes…

Un jeune homme qui tombe éperdument amoureux d’une femme de la trentaine, qui se met à lui lire des romans, qui la perd puis la retrouve dans une situation désespérée… Tout ça sous fond historique, l’époque qui me touche toujours autant, sans que l’on soit totalement envahi par cette guerre lors de notre lecture. Il va sans dire que j’ai vraiment aimé cette histoire tout en émotion. Et je la recommande fortement.


Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.


vendredi 7 mars 2014

Après de Erich Maria Remarque

400 pages
30 janvier 2014
Folio


L’auteur de À l’Ouest rien de nouveau a peint, avec Après , la fresque la plus tragique et la plus poignante de l’Allemagne après la guerre de 14-18, des premiers jours de la défaite aux derniers jours de la révolution spartakiste. La déroute, l’émeute, la faim, le doute, Erich Maria Remarque les évoque avec une âpre sincérité, une violence vengeresse. Son livre est généreux et humain. C’est un document et un acte de foi. 


Je n’ai peut-être pas commencé par le bon livre (Après est la suite de A l’ouest rien de nouveau) mais cela ne m’a pas perturbée. Après raconte le retour des soldats après la Première Guerre Mondiale. Je n’ai jusqu’ici lu que des récits sur l’époque 39-45. Mais ce roman s’apparente à n’importe quelle guerre au final. Rien de réellement propre à la guerre de 14-18 n’est relaté dans cet écrit.

E.M. Remarque nous dévoile tout ce que l’on aurait pensé sans réellement se l’avouer, et même plus que ça. L’impact d’une guerre sur un être humain, apprendre à tuer le soi-disant « ennemi » sans devoir se poser de question, ôter la vie à une personne qui doit combattre car elle en a reçu l’ordre, le retirer à toute sa famille… Et répéter ce geste encore et encore. Avoir une vision de la mort totalement défigurée, rester constamment sur le qui-vive, appréhender l’ennemi, les bombes, les grenades… Tout ceci affectera les soldats jusqu’à la fin de leur propre vie.

Un retour parmi les siens, cela ne sera pas suffisant. Il faudrait retirer toutes ces atrocités de leur mémoire. Mais cela les poursuivra toujours, à n’importe quel moment. Ils se sentiront oppressés, menacés à chaque coin de rue, alors qu’il n’en est rien. Ils en rêveront toutes les nuits. Ils ne sauront plus retrouver leurs marques d’avant-guerre, devront réapprendre à courtiser une femme sans être agressif…

La quatrième de couverture veut tout dire… Un des soldats va commettre l’irréparable aux yeux de la loi : tuer une personne de son plein gré. Et ce soldat ne manquera pas de faire remarquer qu’il a eu le même geste au front, et contrairement à cette accusation, les soldats qu’il a tués ne lui avaient rien fait… Et c’est pour cette quatrième de couverture que j’ai voulu lire ce livre. C’est un récit poignant, vraiment très important. Il faut que l’on sache ce que ces hommes ont réellement ressenti. Se l’imaginer, c’est tellement abstrait. Le lire, c’est tout de même mieux…

Un immense merci aux Editions Folio de m’avoir fait découvrir cet auteur et cet écrit. Je vais sans nul doute très vite me procurer A l’ouest rien de nouveau.

dimanche 22 décembre 2013

Sixtine de Caroline Vermalle

368 pages
30 octobre 2013
Black Moon


Egypte, aujourd'hui. Le monde entier s'émerveille et les égyptologues jubilent car Nefertiti vient de livrer un nouveau secret. Simultanément, la grande pyramide de Khéops est le lieu d'une découverte macabre. Une jeune femme de 22 ans est retrouvée, presque morte, dans une chambre dont les scientifiques ignoraient jusqu'à l’existence. A son côté repose la dépouille de son mari. Or, rien ne permet de penser que le tombeau royal a pu être ouvert depuis la pose de la dernière pierre il y a... 4000 ans. Rien, hormis une petite fente à peine assez large pour laisser passer un souffle d'air. Le cadavre de la pyramide est celui de Seth Pryce, un milliardaire américain. Quelques semaines plus tôt, il avait épousé à grands frais une jeune femme de toute beauté. Mais la rescapée de Khéops n’a plus rien en commun avec la créature de rêve dont les tabloïds firent alors leur une : ses cheveux ont viré au gris, ses yeux à un vert inhumain, et son corps ferait pâlir d'envie un squelette. Un tatouage en croix orne le bas de son ventre, dont Jessica Desroches-Pryce ne se rappelle pas l'origine. En fait, Jessica Desroches-Pryce ne se souvient de rien, si ce n'est de son prénom : Sixtine.


Pour les lecteurs qui connaissent les Editions Black Moon, il est clair que Sixtine n’a rien à voir avec ce qui est généralement publié. Nous entrons dans l’Egypte Ancienne et c’est tellement bien raconté que l’on s’y croirait vraiment. C’est l’aspect du livre que j’ai préféré.

L’histoire est très intéressante : Seth et Jessica se marient à Paris. Mais on ne les retrouvera que 28 jours plus tard, et dans un endroit totalement inattendu : la pyramide de Khéops au Caire. Lui est mort mais elle est encore vivante. Va s’ensuivre une enquête et le retour à la vie de Jessica, renaissant en ne se souvenant que de son prénom Sixtine.

Tout le récit nous permet de faire de grandes rencontres : Thaddeus, Florence, Max, pour ne citer qu’eux (et j’avoue que ce sont mes 3 préférés). Je n’ai rien à redire sur leur personnalité, j’ai trouvé qu’elle sied parfaitement à l’histoire et je les ai appréciés de la même façon. Se détache tout de même Jessica, que l’on ne retrouve sur pied qu’à la moitié du roman.

Mais je ne fais pas partie des lecteurs qui ont été subjugués par ce livre. J’ai pour ma part lu un bon thriller historique, mais ça s’arrête là. Ce que je garde réellement en mémoire, c’est tout ce qui se passe autour de l’intrigue, c’est-à-dire toutes ces descriptions sur l’Egypte, et non l’intrigue en elle-même. Alors, depuis que je l’ai lu et que j’ai comparé mes impressions avec celles des autres lecteurs, je me demande si je ne suis pas passée à côté de ma lecture…

En tout cas, je remercie beaucoup Black Moon de m’avoir confié cette lecture.



lundi 30 septembre 2013

Les enfants de Willesden Lane de Mona Golabek et Lee Cohen

368 pages
4 septembre 2013
Hachette Romans


1938. Vienne. Lisa Jura est juive. Lisa est aussi un prodige de la musique, une pianiste de génie âgée tout juste de quatorze ans. Et Vienne, capitale de la musique qui a vu se succéder Mozart, Beethoven, Schubert et Liszt, est devenue depuis peu une patrie hostile, voire dangereuse pour elle, rongée de l'intérieur par la barbarie nazie. Lorsqu'on offre à ses parents l'opportunité de sauver l'un de leurs enfants en l'envoyant loin, à l'abri, en Angleterre, le choix est difficile : c'est Lisa qui partira. Quand elle monte à bord du train qui doit l'emmener à Londres, Lisa est consciente qu'un grand avenir s'offre à elle, et qu'elle doit vivre pour sa famille qui se sacrifie pour elle. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Lisa échoue au 243 Willesden Lane, un foyer pour enfants dans une ville ravagée de la Seconde Guerre mondiale.


Un récit sur la Seconde Guerre Mondiale ? Un récit sur une jeune pianiste ? Les deux en une seule histoire ? Il fallait donc absolument que je le lise ! Parler de musique dans un cadre aussi dévastateur que l’époque Nazie, ce sont vraiment des moments que je recherche. Je ne me suis pas encore penchée sur les autres œuvres de ce style (là je pense au roman « Le Pianiste ») et je ne lis quasiment que des récits du même genre durant cette époque.

D’emblée, ce que je regrette dans la configuration du livre, c’est qu’une explication majeure n’apparaît qu’à la fin, dans les « notes de l’auteur » : Mona Golabek est en réalité la fille de notre jeune pianiste Lisa Jura. Elle cherche dans ce livre à retracer la vie de sa mère durant la guerre. C’est donc plus un témoignage qu’un roman. Et cela donne une authenticité à cette histoire. De « fiction » elle passe à « réalité » et le tout en est tellement plus émouvant ! Je dis ça, mais je n’ai eu cette révélation qu’avant de refermer le livre, et je sais pertinemment que j’aurais encore plus apprécié cette histoire déjà si touchante. Donc, vous saurez maintenant ce qu’il en est, et vous le lirez avec le regard qu’il mérite. Et cela ne sera que meilleur.

De mon côté, j’ai été passionnée (comme la plupart du temps avec les lectures néonazies) par l’histoire, du début à la fin. Mona Golabek réussit à nous captiver, elle a selon moi très bien retranscrit l’atmosphère de cette époque. On est plongé dans le monde qui fuit, le monde qui espère, le monde avec les adultes d’un côté et les enfants de l’autre. Avec Hitler qui envahit petit à petit les pays. Et par-dessus cette peinture éprouvante, difficile, macabre, il y a notre chère Lisa, autrichienne et juive de surcroît, qui va faire de son mieux pour survivre en Angleterre parmi d’autres enfants dans une famille d’accueil, et qui se verra la chance de pouvoir pratiquer le piano, instrument qu’elle aurait cru enterré à jamais, au vu de tous les drames qui l’entouraient.

Ce livre est poignant, Mona a réalisé une très belle œuvre. Et en y repensant bien, je l’ai vraiment beaucoup aimé, et je me vois obligée de le sacrer  « coup de cœur ». C’est un roman jeunesse, peut-être, mais plongez-y tête baissée. Si vous aimez la musique et l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, il vaut vraiment la peine d’être lu.

lundi 2 septembre 2013

L'enfant de l'amour de Sheila Kohler

272 pages
29 août 2013
Quai Voltaire



Rien ne ressemble plus à une riche Blanche oisive qu'une autre riche Blanche oisive. Sous le vernis de la très haute société sud-africaine de la fin des années 1950, pourtant, certaines transportent d'inavouables secrets. Parmi elles, Bill, femme mûre et mûrie par la vie, ancien garçon manqué d'une famille d'artisans hissé à la tête d'une des plus grosses fortunes du pays après son mariage avec un homme tyrannique. À la mort de celui-ci, le notaire de la famille presse Bill de choisir ses héritiers. À qui doit-elle léguer son patrimoine ? À ses deux fils si sérieux ? À ses frères et soeurs avides et jaloux de son bien ? Au vieux cuisinier zoulou qui a vu grandir ses enfants ? À la fidèle gouvernante qui connaît tout de son secret ? Au fil de ces interrogations Bill déroule l'histoire de sa vie, depuis la fatale année de 1926 où son père lui interdit d'aimer celui qui restera à jamais l'homme de sa vie, ce jeune Juif aux boucles rousses, jusqu'au sulfureux triangle amoureux qui la mena à un mariage opulent. Avec, au milieu, un souvenir obsédant : l'enfer d'une jeune fille enfermée neuf mois durant pour protéger toute une famille de l'infamie. De la barbarie du puritanisme chrétien aux dérives de l'aristocratie blanche dans un pays à l'aube de l'Apartheid, L'enfant de l'Amour raconte comment une femme peut être victime de son temps.



Bill est une femme qui a vécu des drames plus que de belles histoires. Elle raconte ici sa vie passée, ses souvenirs, lorsqu’elle était à l’aube de ses 18 ans, puis de ses 28 ans, en 1925 et 1935, en Afrique du Sud. Beaucoup de choses remonteront malgré elle à la surface en 1956, quand son exécuteur testamentaire, Mr Parks, lui demandera expressément de rédiger le papier qui désignera les héritiers de sa fortune. S’ensuit alors une longue réflexion qu’elle fera seule, lui révélant l’envie de se raconter un peu à ses 2 jeunes garçons trop éloignés d’elle, pour se rendre un peu plus humaine à leurs yeux. Elle regrettera très fortement de ne pas les avoir couvés plus, les ayant laissés partir dans un pensionnat à leur demande, alors qu’ils étaient encore très jeunes. Elle est très attachée à eux, mais elle a aussi 2 sœurs et un frère, et elle ne souhaite pas les mettre de côté. Reviendront en mémoire sa rencontre avec l’amour de sa vie, Isaac, puis celle d’Helen dix ans plus tard. Toutes ces personnes influeront dans ses choix, dans sa vie, et feront ce qu’elle est devenue.

Tout au long de ma lecture, j’ai, sans le vouloir, repensé au roman « La couleur des sentiments » lu un an plus tôt. Non pas qu’il lui ressemble, mais la mise en place de l’histoire est à la même période, et en Afrique du Sud. L’histoire est très vite lue, entre trois et quatre heures, et cela rajoute un réel plaisir car il est possible de caler ce livre un après-midi sans être dérangé, et d’en apprécier que mieux le contenu.

Ce roman fut pour moi un vrai coup de cœur. L’histoire est prenante, touchante, la narration envoûtante… Je lisais Sheila Kohler pour la première fois, maintenant j’ai envie de la connaître avec ses autres romans. J’ai profondément aimé le personnage de Bill, qui m’a émue plus d’une fois. Les femmes à cette époque enduraient bien plus que de nos jours… Les mœurs ont tellement évolué depuis !

lundi 26 août 2013

Les sœurs Charbrey , tome 1 : Sans orgueil ni préjugé de Cassandra O'Donnell

252 pages
22 mars 2013
J'ai Lu 


Le mariage? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Elle préfère son indépendance et les sciences, passion qu’elle dissimule derrière une prétendue maladie, loin des regards courroucés de la bonne société.
Lorsqu’elle apprend que le manuscrit de sa sœur a été refusé par un éditeur méprisant l’intellect féminin, Morgana décide d’aller confronter ce personnage cynique et détestable.
Si ce dernier pense pouvoir confondre la demoiselle à coups de reparties cinglantes et de sourires enjôleurs, il ne sait pas encore à qui il a affaire…


Je n’ai pas encore lu les Rebecca Kean mais j’imagine que c’est cent fois mieux que cette romance sous fond historique…

Je n’ai pas envie d’être totalement négative. Et pourtant… J’ai pesté durant la première moitié, à attendre, et attendre, et attendre qu’il se passe quelque chose. On nous donne pourtant un bon départ : Rosalie qui avoue avoir trompé son éditeur en lui ayant fait parvenir son manuscrit sous un pseudo masculin. Même si ce n’était pas voué à être un moment profond du roman, il aurait mérité une petite suite, et non pas juste posé comme une fleur, en plein milieu du livre, que sa sœur Morgana lui a trouvé un autre éditeur. Ca m’a profondément frustrée. Car c’est quand même de là que toute l’histoire réelle part.

Je me suis donc aventurée à cette lecture. Et plus j’avançais dans les chapitres, plus je regardais le nombre de pages défiler, et plus je commençais à m’alarmer… S’il avait fait cent pages de plus, je pense que mon avis aurait été tout autre. Mais là, cela allait être du vrai condensé pour attirer le lecteur et faire ressortir l’historique de l’époque. Bref, les deux amoureux se tournent autour pendant un sacré bout de temps, ce qui a toujours le don de m’énerver au bout d’un moment, mais l’avantage ici par rapport aux autres livres à la même histoire, c’est que j’ai beaucoup aimé le caractère de Morgana. Ca m’a donné envie de continuer… et d’espérer obtenir mieux.

Mais ouf ! La suite et la fin sont nettement meilleures ! Je ne dis pas que c’est plus étoffé, mais il y a un peu plus d’action, il y a des éléments qui s’ajoutent, des caractères qui se montrent plus, que l’on comprend mieux, et cela devient plus intéressant. Cela ne fait tout de même pas de ce livre un chef-d’œuvre ou un coup de cœur assuré, mais il va droit au but, ne parle que de l’histoire d’amour, alors ça plaira ou pas…

Je vais quand même souligner que dans le même genre, et beaucoup plus abouti, la référence est à mes yeux la saga La Bicyclette Bleue de Régine Deforges. Rien qu’avec le premier tome, on en ressort chamboulé et on en veut plus.

Je n’ai rien à dire sur les personnages, je les ai tous appréciés, la seule chose que je n’ai pas aimée et à laquelle je n’ai pas réussi à m’habituer : le prénom Morgana. Je ne peux pas me l’expliquer, à chaque fois que j’ai lu ce prénom, et surtout les vingt premières fois on va dire, mes poils s’hérissaient sur les bras. Après, je m’habituais à le lire, mais c’est un prénom que je ne connaissais pas et je sais dorénavant que je ne le supporte pas.

Et dernière petite chose qui m’a étonnée de la part de J’ai Lu : le nombre de coquilles du début à la fin.  C’est tout de même une grande maison d’édition, très réputée, et c’est bien la première fois que je lis autant de fautes dans un de leurs livres !

Et La petite question que je me pose maintenant : vais-je lire la suite ? Honnêtement… Je n’en ai pas la moindre idée… On verra les avis des blogueurs avant, je pense…

lundi 13 août 2012

Francesca, empoisonneuse à la Cour des Borgia de Sara Poole


Résumé :
Rome, été 1492. Dans les entrailles de la ville éternelle, le mal s est réveillé. Le meurtre brutal d un alchimiste va déclencher une course désespérée pour mettre au jour un complot visant à éteindre la lumière de la Renaissance pour replonger l Europe entière dans les ténèbres moyenâgeuses. Déterminée à venger l assassinat de son père, Francesca Giordano défie toutes les convenances en s octroyant la charge d empoisonneuse au service de Rodrigo Borgia, l homme à la tête de la plus célèbre et la plus dangereuse famille d Italie. Elle devient la confidente de Lucrèce Borgia et l amante de César Borgia. En démêlant l écheveau de la traîtrise et de la duperie, Francesca se lance à la poursuite du meurtrier de son père, allant des tréfonds du ghetto juif de Rome au sommet de la chrétienté elle-même, le Vatican. Sans le savoir, elle va ainsi provoquer l ultime confrontation entre des forces immémoriales prêtes à utiliser ses désirs les plus enfouis pour accomplir leurs noirs desseins.

Mon avis :

Je me suis récemment réessayée à un style que je n’ai pas trop l’habitude de lire : le roman historique. J’avais beaucoup entendu parler de ce roman depuis sa sortie, et lorsque j’ai eu la possibilité qu’on me le prête, je n’ai pas hésité !


Lire l’histoire d’une empoisonneuse… Je trouve que rien que le titre est déjà bien accrocheur. La quatrième de couverture semble au premier abord dévoiler un peu de l’histoire, mais au fond il allèche plutôt le lecteur.

Dès la première page, Sara Poole nous entraine dans la folle histoire de Francesca, dont le père, empoisonneur des Borgia, a été assassiné juste avant le début du récit. Elle fera en sorte de prendre la place de son père auprès de Rodrigo Borgia et découvrira le but qu’il s’était fixé… Et fera tout pour l’accomplir à sa place.

L’auteure m’a fait entrer dans un univers envoûtant, parfois sulfureux, énigmatique, complexe, de son écriture fluide m’a transportée d’un chapitre à l’autre sans que je m’en rendre compte. Elle écrit dans la peau de Francesca avec une sincérité, une émotion, un désir tellement captivants que je ne pouvais qu’aimer passer ces heures à faire défiler les pages sous mes yeux. Mais j’avoue que j’ai quelquefois décroché. Peut-être est-ce dû au style historique pour lequel j’ai toujours du mal à plonger dans les histoires. Mais je ne pense pas que ça vienne de la plume de Sara Poole. J’ai trouvé certains passages assez « exquis », d’une beauté et d’une justesse…

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Lire la suite… Je ne sais pas encore. Si l’occasion se présente, pourquoi pas !

Un point que j’ai particulièrement aimé et que je veux mettre en avant : le fait que l’on se trouve dans la peau de l’empoisonneuse elle-même. Même si elle n’aime pas particulièrement  son métier, elle est douée et nous fait partager ses sentiments autour de ses réflexions. C’est cette façon de l’accompagner, de nous faire ressentir les mêmes choses qu’elle qui m’a vraiment plu.