samedi 7 février 2015

Âmes perdues de Poppy Z. Brite

496 pages
5 octobre 2006
Folio 


À quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de La Nouvelle-Orléans, et découvre la vérité sur ses origines...


Poppy Z. Brite nous entraîne dans un univers noir où les vampires profitent de leur immortalité pour s'adonner à toutes les perversions et braver tous les interdits de la société puritaine américaine.


Je ne crois pas avoir lu quelque chose d'aussi puissant que ce livre. Il m'a laissé une trace, une empreinte très forte dans mon esprit. J'avais découvert Poppy Z. Brite avec Petite cuisine du Diable car je savais que c'était gentillet par rapport au reste de son œuvre. Et je voulais démarrer doucement, à tâtons, de peur d'être trop choquée. Âmes perdues est vraiment un livre qui n'a aucun tabou, c'est extrêmement gore, mais écrit d'une façon qui reste généralement assez sensuelle, quoique certains passages sont tout de même bien crus, voire choquants.

J'ai lu quelques romans de vampires et aucun n'a su égaler celui-ci. C'est vraiment atypique et terriblement addictif. On voudrait se dire "c'est immonde, mais qu'est-ce que je perds comme temps à lire ça !" mais non, j'ai même eu des moments où j'ai "savouré" ma lecture des mots, comme si c'était à la fois indigeste et enivrant. C'est là que je trouve l'auteure vraiment très forte. Le monde dans lequel elle nous fait entrer est vraiment glauque et repoussant. Pourtant on fonce droit dedans, on se délecte, et on ne veut pas voir la fin venir.

Je le conseille fortement aux fans de livres de vampires (ou bit-lit), et j'aimerais connaître leurs avis par la suite !!!!!

Nothing, Zillah et d'autres sont des personnages vraiment très aboutis. J'en suis encore toute retournée. Petit coup de cœur avec Nothing tout de même. Ce jeune homme qui découvre qui il est réellement m'a très fortement touchée.


En bref : terrible, captivant, j'en redemande, je suis fan de Poppy, et Âmes perdues fait partie de ces livres que je relirai plusieurs fois car je sais que j'ai raté des choses et que je le savourerai tout aussi bien les fois suivantes.

lundi 19 janvier 2015

Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger

277 pages
20 août 2014
Les Editions du Rouergue



Mortimer s'est préparé à mourir le jour de ses 36 ans, comme cela a été le cas pour tous ses ascendants mâles. Il a quitté son travail, rendu son appartement et vendu sa voiture mais la malédiction ne s'abat pas sur lui. Que reste-t-il à faire, lorsque la mort attendue ne vient pas? Il faut apprendre à vivre vraiment! 

Après ses précédents succès, notamment "La tête en friche" et "Bon rétablissement", tous deux adaptés au cinéma par Jean Becker, Marie-Sabine Roger revient avec un roman plein d'humanité, aux personnages émouvants, croqués avec humour et justesse. Une belle réflexion sur le sens de la vie !



C'est avec un esprit dubitatif que je referme ce livre. J'avais entendu beaucoup de bien de l'auteure, mais je n'ai peut-être pas choisi le bon bouquin pour l'aborder.

Mortimer va avoir 36 ans et il se sait maudit, comme tous les autres hommes de sa famille : sur plusieurs générations, les pères n'ont pas réussi à passer le cap du jour de leur 36ème anniversaire. Il est donc logique pour lui de mourir à son tour. Il a tout rendu, résilié, pour éviter à ses amis plein de tourments inutiles après sa mort. Or vient le moment fatidique. Et rien ne se passe. La vie continue d'avancer. Et lui va devoir se rendre à l'évidence que quelque chose a cloché tout au long de sa vie.

L'histoire en elle-même est bien racontée, assez originale, mais je trouve que tout est sans cesse ressassé, au lieu de chercher à avancer. On se demande comment Mortimer va se confronter à l'avenir tout au long du livre. Ce sujet n'est abordé que vers la fin du roman. Ce ne sont quasiment que des retours en arrière qui agrémentent les faits. Et, on en conviendra tous, la fin est vite trouvée. On se doute très bien de la décision qu'il va prendre, vers le milieu du livre si mes souvenirs sont bons.

Toutefois, j'ai fini par trouver les personnages sympathiques, j'ai beaucoup aimé Paquita, bout de femme plein de bon sens, ainsi que Jasmine qui aime faire du bien aux gens qui croisent son chemin. Il est clair que Marie-Sabine Roger a une belle plume. Je me laisserais bien tenter par La tête en friche !


Merci à Priceminister et Les Editions du Rouergue de m'avoir permis de découvrir ce livre (et cette auteure) !


dimanche 18 janvier 2015

Barbe Bleue d'Amélie Nothomb

180 pages
22 août 2012
Albin Michel


La colocataire est la femme idéale.




J'ai retrouvé là l'Amélie qui m'a conquise il y a quelques années. Certes ce n'est pas l'un de ses meilleurs romans, mais le style incisif et vivant de son écriture est toujours présent, et ça j'adore !

Ici elle met au goût du jour l'histoire de Barbe Bleue. Je ne pourrai pas comparer car je ne l'ai malheureusement pas lu, mais j'ai trouvé un bref résumé qui m'a permis de mieux comprendre le pourquoi de cette histoire tordue. Il m'a tout de même manqué l'ironie, le revirement de situation, le petit truc qui me fait dire "Wouah elle est vraiment forte" comme cela m'est souvent arrivé avec ses romans. L'histoire reste tout de même intéressante à lire par son originalité. Il faudra juste aimer les dialogues à gogo...

Le premier tiers m'a fait me demander où tout cela allait nous mener, le deuxième a enfin retenu mon attention car on comprend mieux où nos 2 protagonistes - Saturnine, la nouvelle colocataire et Don Elemirio, l'homme qui a tué ses 8 précédentes colocataires - nous emmène avec toutes leurs questions/réponses, et le troisième amène au dénouement pas si attendu que ça, mais néanmoins simple, peut-être trop simple justement.

Etant une grande fan Nothombienne des premières années, je peux tout de même vous recommander Barbe Bleue. Il faut juste mettre dans un coin de sa tête que son grain de folie a bel et bien disparu.


Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec ma partenaire de blog.
L'avis d'Anne Sophie se trouve ici => Barbe Bleue



mercredi 14 janvier 2015

Les Chemins de Compostelle, T1 : Petite Licorne de Jean-Claude Servais

80 pages
15 octobre 2014
Editions Dupuis


Lieu hautement symbolique, Compostelle attire chaque année des milliers de pèlerins à travers l'Europe. Blanche, Céline et Alexandre vont, eux aussi, emprunter ce chemin à un moment de leur vie. Dépositaire d'un savoir précieux auquel son grand-père alchimiste l'a initiée, Blanche part de Belgique sur ses traces, après qu'il eut été retrouvé sans vie sur une plage près de Compostelle. Le point de départ de Céline se situe au Mont-Saint-Michel, où elle a commencé son noviciat. Quant à Alexandre, guide de montagne dans les Alpes suisses, c'est le décès de Margaux qui va le jeter, lui aussi, sur cette route pleine de questions, mais peut-être aussi de réponses.Au fil de ces voyages initiatiques et de ces destins croisés, Jean-Claude Servais nous emmène avec lui, pour un récit en sept albums, sur les chemins de France et nous fait découvrir des paysages sublimes et des lieux nourris de culture, d'histoire et de mystères.


Ce premier tome met en place l'histoire. Nous faisons la connaissance de plusieurs personnages. Mais j'ai trouvé que l'ensemble était tout de même confus, en tout cas pour moi. On voit des personnages apparaître sans trop d'explications, ce qui m'a souvent paumée et fait repartir en arrière de peur d'avoir loupé quelque chose. Ce que j'ai surtout trouvé mal fait, ce sont les indicateurs de temps : ils sont placés tout en haut à gauche de la page, certes au-dessus des images, mais j'en ai raté un bon nombre... Il a fallu que je m'en aperçoive au beau milieu de la BD et revenir en arrière pour reprendre mes repères. D'où une partie de ma déstabilisation. J'ai plutôt l'habitude que ces indicateurs soient notés dans un carré blanc, dans l'angle d'une vignette...

Hormis ces soucis, je trouve ce livre très beau graphiquement. L'histoire est aussi très intéressante. On n'a pas fini de faire des découvertes ! On y parle de la Belgique, mais aussi de la Bretagne, de la fabrication de la bière, de la pierre philosophale, et l'on nous amène sur le chemin de Compostelle.

Il va sans dire que je vais me procurer la suite de cette belle bande dessinée ! Il paraîtrait qu'il y aura 7 volumes...


lundi 12 janvier 2015

La vérité et autres mensonges de Sascha Arango

313 pages
28 janvier 2015
Albin Michel


Henry Hayden sort de nulle part, il n’a pas de travail fixe, pas d’amis ni de famille, et un passé à cacher, qu’on devine lourd. Un matin, après une nuit alcoolisée, il se réveille à côté d’une femme inconnue et, contre toute attente, devient en quelques mois le mari idéal et un auteur de bestsellers adulé. Tout irait pour le mieux, si ce n’est qu’Henry n’écrit pas ses romans – c’est sa femme qui en est l’auteur– et quand sa maîtresse – son éditrice – vient lui annoncer qu’elle est enceinte, il essaie de se débarrasser d’elle. Mais c’est sa femme qu’il élimine par erreur, mettant en péril sa carrière et l’existence qu’il s’est construite. Pourtant, un dernier chapitre de son livre arrive quand même sur le bureau de son éditeur… Un suspense qui éblouit autant par son style sobre, drôle, sec, maitrisé, que par son intrigue retorse, imprévisible et jubilatoire. Le portrait d’un usurpateur, d’un manipulateur cynique que l’on devrait haïr mais que l’on ne peut parvenir à détester. C’est la grande force de ce formidable coup de maître.


Il faut éviter de prendre ce roman sans avoir assez de temps devant soi. J'ai eu le malheur d'avoir un emploi du temps chargé quand je me suis mise à le lire et je ne me suis pas sentie happée, ni envoûtée par l'histoire. L'histoire de base m'a pourtant bien plu : un homme que l'on découvre au fil des pages comme étant un déséquilibré se fait passer comme l'auteur des romans de sa femme, à sa demande. Mais il n'a pas pu s'empêcher de la tromper avec son éditrice, alors qu'il n'en a rien à faire d'elle. Et quand elle lui apprend qu'elle est enceinte de lui, il se met en tête de trouver une solution. Il voudrait tout dire, pour arrêter tout mensonge, mais les circonstances décideront à sa place... Et il se trouvera dans un désarroi, une détresse qu'il n'avait jamais souhaitée. Puis le passé va le rattraper...

On peut qualifier ce roman plus comme policier qu'autre chose. Car il y a toute l'intrigue autour des disparitions, même si l'on ne voit pas trop par l'œil de la police.

La psychologie du personnage meneur, Henry, est rondement menée, très bien ciblée. Je n'ai pas été attirée par les autres personnages. Ils étaient tous dans l'ombre d'Henry au final...

Mais l'histoire ne m'a pas plus enthousiasmée dans l'ensemble. On part de découvertes en étonnements pourtant, mais cela vient peut-être du style de l'écriture... J'ai eu pas mal de passages où je ne me sentais pas du tout impliquée.

Une lecture ratée pour ma part.



lundi 29 décembre 2014

Le Palais des Ombres de Maxence Fermine

362 pages
2 octobre 2014
Michel Lafon


Paris, dans les années 1960. Nathan, un marionnettiste d'une trentaine d'années, apprend le décès soudain de son père avec lequel il était brouillé depuis plus de vingt ans. Cet ex-romancier à succès au caractère ombrageux lègue à son fils Le Palais des Ombres, une demeure à la sinistre réputation dont tous les propriétaires sont morts dans d'étranges circonstances, ainsi qu'un contrat signé en lettres de sang avec un éditeur sulfureux qui contraint Nathan à livrer un manuscrit dont il n'a jamais entendu parler. Commence alors pour le jeune homme à la vie jusqu'ici plutôt terne une quête incroyable et inquiétante, pour retrouver ce manuscrit qui suscite, semble-t-il, bien des convoitises. Une quête peuplée d'ombres qui révélera de lourds secrets familiaux liés aux heures sombres de l'Occupation. Car Le Palais des Ombres est bien plus qu'une simple maison, il regorge de faux-semblants et de pièges que Nathan devra déjouer pour découvrir sa véritable identité...


De Maxence Fermine, je n'avais pas encore lu plus épais que Billard Blues, alors un gros roman comme celui-là poussait ma curiosité bien loin !!! Et là je dis : "J'aime toujours autant Mr Fermine et j'espère le rencontrer en dédicace" ! J'avais lâché l'auteur par manque de temps, et cette année j'ai eu l'opportunité de lire Le Palais des Ombres, pour mon plus grand bonheur.

Il y a les ingrédients que j'aime, parfaitement distillés sans trop en faire, et le tout donne un résultat subtil, sans aucune lourdeur, sans prétention, sans chercher à entrer dans un roman d'horreur, d'angoisse... Il s'agit là d'une histoire de famille, un règlement de compte, et le tout est amené à nous faire découvrir un homme ayant perdu son père qui se voit attribuer des dernières volontés sur le testament. Il va découvrir qu'il doit garder sa demeure au moins dix ans, mais qu'il doit aussi remettre un manuscrit nommé "Le Palais des Ombres" à son éditeur.

Entre ombres, fantômes, passé, présent, futur, chasse à l'identité, avec suspense, rythme soutenu, secrets, mensonges... C'est le roman parfait pour passer un excellent moment et, pour ma part, terminer mon année littéraire 2014 en beauté !

jeudi 27 novembre 2014

Les mots qu'on ne me dit pas de Véronique Poulain

144 pages
20 aout 2014
Stock


« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.


C'est le premier livre que je lis dans ce domaine. Véronique Poulain a vécu avec des parents atteints de surdité, alors qu'elle-même entend très bien. Elle nous raconte son quotidien à leurs côtés depuis sa naissance et nous parle aussi d'eux vivant de leur mieux avec ce qui leur manque. J'ai été très attentive à cette lecture car j'ai beaucoup appris de ce que pouvait être la vie avec ce sens en moins et ce que cela peut engendrer autour de soi.

Le récit de l'auteure a un ton très convaincant. Elle réussit très bien à faire passer ses sentiments. Sa vie n'a certes rien de dramatique, mais elle n'est tout de même pas si évidente que cela. Véronique a eu besoin de s'adapter à chaque instant, ou de finir par exploser et rétablir certaines choses que ses parents ne pouvaient pas comprendre. Elle raconte toute cette vie hors du commun avec beaucoup d'humour. Cela donne un charme à ce livre. Mais cela ne pourrait pas plaire à tous. Elle dédramatise le handicap mais rétablit aussi certaines vérités. On peut sentir qu'elle avait besoin de passer par l'épisode "écriture".

Je tiens tout de même à préciser que ce livre n'est pas un témoignage avec de vrais chapitres. Ce sont plutôt des bribes d'histoires, des souvenirs parsemés, et cela peut paraître saccadé pour certains lecteurs. C'est ce qui m'a un peu déplu au bout d'un moment. Il était dur d'abandonner un petit récit pour en entamer un autre, de but en blanc.

Je remercie Anne Sophie de m'avoir fait découvrir ce témoignage. Je l'ai trouvé vraiment très intéressant et il représente  un domaine que je ne connaissais que trop peu, comme la majorité des gens.



Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.