jeudi 31 juillet 2014

Juste avant le bonheur d'Agnès Ledig

352 pages
2 mai 2013
Albin Michel


Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l'attention d'un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire.

Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu. Mais au retour, c'est le tragique accident de voiture et Lulu meurt après un long coma. Une chaîne de soutien, d'affection et de tendresse se forme autour de Julie. Avec elle, à travers elle, des êtres désemparés tentent de réapprendre à vivre et de saisir une deuxième chance. La force des épreuves surmontées, l'espoir d'un nouvel amour, ainsi qu'une bonne dose d'intelligence et d'humour peuvent réussir ce miracle.



Juste avant le bonheur est une histoire douce, sans grande prétention, qui relate la vie de tous les jours. Des rencontres, des liens qui se créent, des pertes douloureuses de personnes que l’on aimait… Ici, ce sont plusieurs personnes que la vie a écorchée qui vont se trouver, et se recréer un futur. Paul, le plus âgé de tous, a un gros coup de cœur pour une jeune caissière qui est fatiguée de la vie. Venant d’être quitté par sa femme, il a besoin de se sentir utile, et décide de la prendre sous son aile. Puis l’on rencontre son fils, Jérôme, qui lui vient de perdre la sienne. Pour remettre du baume au cœur de tout le monde, Paul va emmener Jérôme, Julie et son fils Ludovic dans sa maison en Bretagne. Cette première partie est douce et prévisible. Jusqu’à ce que la deuxième partie s’enclenche et le mélodrame commence…

L’histoire est assez banale, elle est certes bien racontée, mais tout est très prévisible. Les beaux et bons sentiments sont présents, la tristesse aussi, mais dans ce genre j’ai lu nettement mieux. Je ne me sens pas tout à fait déçue par ma lecture, mais plutôt mitigée… Agnès Ledig a souvent la même façon d’écrire que moi, j’ai retrouvé plusieurs passages qui m’ont rappelé ce que j’écrivais, et ça m’a fait bizarre…

Pour ce qui est des personnages, j’avoue que je les ai tous appréciés. Mais cela n’a pas suffi à me faire aimer ce livre comme tant d’autres lecteurs…

Si vous souhaitez une histoire qui puisse vous montrer le sens de la vie, vous donner envie de sourire et de pleurer, vous aurez votre compte avec ce roman. Et vous serez peut-être plus en phase que moi avec tout ce qui s’y passe…


Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.


lundi 30 juin 2014

Celui dont le nom n'est plus de René Manzor

393 pages
22 mai 2014
Kero


Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, gît un homme vidé de ses organes. L'assassin est une vieille dame à la vie exemplaire. Pourquoi cette femme a-t-elle sacrifié l'homme qu'elle a élevé comme un fils ? Elle est incarcérée. Pourtant, le lendemain, un autre homme est tué de façon similaire. Par la personne qui l'aimait le plus au monde. À chaque fois, les tueurs, qui ne se connaissent pas, laissent derrière eux la même épitaphe écrite dans le sang de leur victime : Puissent ces sacrifices apaiser l'âme de Celui dont le Nom n'est plus... Trois destins vont se lier autour de ces meurtres incompréhensibles: ceux de McKenna, vétéran de Scotland Yard, de Dahlia Rhymes, criminologue américaine et de Nils Blake, l'avocat de ces coupables qui ressemblent tant à des victimes. Trois destins, et trois vies détournées à jamais de leur cours. Grâce à une plume parfaitement maîtrisée, René Manzor signe un roman aux frontières de l'amour et de la mort dont on ne sort pas indemne. Un thriller haletant et dérangeant dont vous n'oublierez plus jamais le nom...


Celui dont le nom n’est plus est un excellent thriller. Je l’ai fort apprécié car il traite un thème qui me touche beaucoup : le trafic d’organe. Enfin… En apparence car l’on va de surprises en surprise tout au long du livre.

René Manzor nous englobe très facilement dans un univers glauque sans être morbide, il réussit à nous toucher en disséminant les victimes d’éventration, et il nous entraîne dans une histoire folle où le mot à redouter est l’hypnose.

Je connaissais l’auteur uniquement côté cinéma, avec Le Passage et Un amour de sorcière, 2 films que j’ai beaucoup aimés. Alors, découvrir qu’il avait déjà écrit un livre et que celui-ci était son deuxième, je me suis ruée dessus. Et j’ai totalement adhéré à son écriture, à son style, à son histoire, au dénouement… Au livre entier. J’ai déjà lu plus horrible comme descriptions, mais j’ai préféré ses approches, plus subtiles même si elles restent parfois sanglantes.

Dahlia et Nils furent les deux personnages qui m’ont le plus touchée. Ce sont deux écorchés de la vie et on aimerait qu’ils réussissent à prendre leur revanche.

Et ce qui a terminé ma lecture en beauté, c’est le dénouement… Roman à apprécier pleinement ! N’hésitez pas à tenter !


A noter : une carte de donneur d’organes à découper et remplir sur la dernière page du roman broché. Initiative qui a ma considération ! Même si ma carte de donneur est sur moi depuis une dizaine d’années déjà..


mardi 10 juin 2014

Panic de Lauren Oliver

368 pages
11 juin 2014
Black Moon


« Les règles de Panic sont simples. Tout le monde peut participer. Mais il n’y aura qu’un seul vainqueur. » Carp, une petite ville minable de l’État de New York. Chaque été, tous ceux qui viennent de terminer le lycée peuvent participer à « Panic », une succession d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres. L’enjeu est de taille : une cagnotte de plus de cinquante mille dollars. Personne ne sait qui a inventé ce jeu, ni qui en fixe les règles. Cet été, Heather entre dans la compétition par dépit amoureux, Elle pourrait, si elle gagne, quitter le mobile-home sordide où elle vit avec une mère paumée et droguée, et emmener avec elle sa sœur, Lily. Dodge, lui, a une autre raison de participer au Jeu de la Peur : venger sa sœur, qui a fini dans un fauteuil roulant, après une épreuve d’une précédente session de Panic. Manipulations, trahisons, révélations : cet été sera celui de tous les dangers.


Tout d’abord, je remercie grandement les Editions Hachette-Black Moon pour la découverte de ce roman.

Panic semble une idée très originale, mais l’histoire n’est pas sans rappeler Running Man de Richard Bachman (Stephen King). Et j’ai lu ce dernier en avril. D’où mon rapprochement assez facile. Ce qui rappelle l’un à l’autre est le thème principal : la participation de protagonistes à un jeu dangereux dont le gain final est une grosse somme d’argent. Mais Panic est un jeu tout de même moins cruel, mais il l’est à sa façon. Car ici ce sont des lycéens qui concourent durant les vacances d’été. Et ce sont une succession d’épreuves à passer qui les éliminent au fur et à mesure des résultats. De quoi plaire beaucoup de lecteurs, et j’en fais partie.

L’histoire a un bon rythme. A peine une épreuve est passée qu’une autre va pointer son nez. Il y a juste le temps de faire développer des situations secondaires au récit à côté. Des histoires pour lier/contrer les participants. Il y aura des morts, des déceptions, des révélations, le tout sans trop alourdir le texte. Après, il faut aimer le genre Young Adult car ici il s’agit de l’environnement d’étudiants confrontés à la cruauté des adultes.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Dodge, ainsi que celui d’Heather. Mais dans l’ensemble, tous les caractères se valent assez. Certains ont un profil ambigu, d’autres sont moins révélateurs.

Ce n’est cependant pas le meilleur roman de Lauren Oliver selon moi. Certes, l’histoire est bien ficelée et intrigante, mais cela reste divertissant. Je n’ai pas ressenti de palpitations, l’envie de m’acharner à le lire coûte que coûte. Il n’arrive pas à la cheville du précédent roman Le dernier jour de ma vie.

Un avion sans elle de Michel Bussi

570 pages
7 mars 2013
Editions Pocket


Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapé d'un crash d'avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?


J’ai découvert Michel Bussi avec Un avion sans elle. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’en avais entendu tellement de bien… J’ai longtemps cru que je m’ennuierai ferme jusqu’à la fin de l’histoire, qui pourtant commençait bien. Au bout de 200 et quelques pages, je me suis sérieusement mise à douter de l’efficacité de ce roman…  Mais j’ai revisité mon opinion avec le dénouement des 50 dernières pages, qui m’ont permis d’oublier ma lassitude antérieure.

Et pourtant… Je croyais que j’allais être aussi déçue que pour Derrière la haine de Barbara Abel où j’avais trouvé le dénouement avant même la moitié du livre (et encore… presque dès le début je dirais). Mais cette fois, même si je me suis doutée de certaines choses, qui se sont révélées juste, il y a une chose qui m’est tombée dessus sans que je m’en rende compte ! Et ça, j’aime ! Et pourtant, je m’en suis fait des scénarios dans ma tête, mais je n’avais pas pensé à CA.

Gros bémol quand même, nous faire mariner avec certaines descriptions qui plombent l’histoire plus qu’autre chose. C’est quand même dommage, surtout que le livre est très étoffé et qu’il n’y avait pas besoin de nous emmener dans des histoires, avec le fameux carnet de Crédule Grand-Duc, dont on n’a que faire. Bon, je n’allais tout de même pas abandonner ma lecture, je voulais savoir si mes théories étaient justes.  Au total, cela doit être 200 pages de trop pour un livre de poche qui s’approche des 600 pages.
  
Concernant les personnages, aucun ne m’a réellement touchée, peut-être que Malvina était le plus attendrissant de tous… Mais honnêtement je les ai tous appréciés de la même façon, sans coup de cœur particulier.

Pas déçue tout de même de cette histoire rondement menée, après les grosses longueurs du milieu je me suis vraiment prise dans le jeu et j’ai réellement apprécié l’écriture, les idées et l’imagination de Michel Bussi. Et je sais que je lirai ses autres romans.


Ce livre fait l'objet d'une lecture commune avec ma partenaire de blog.
L'avis d'Anne Sophie se trouve ici => Un avion sans elle


lundi 26 mai 2014

C'est lundi, que lisez-vous ? (43)


Il s'agit d'un rendez-vous initié par Mallou, puis Galleane  a repris le flambeau.

Le principe est simple : Je vous fais part de mes lectures de la semaine passée, celle qui est en cours, et les prochaines prévues. Ensuite, à vous de me faire part des vôtres, ou de commenter les miennes !


 Ce que j'ai lu la semaine dernière 

 


 Ce que je suis en train de lire 

Et j'ai beaucoup de mal à entrer dans l'histoire


 Mes prochaines lectures 




Et vous, que lisez-vous ?


dimanche 25 mai 2014

Spirales de Tatiana de Rosnay

192 pages
20 mars 2013
Le livre de poche


Hélène est une femme sans histoires à la vie lisse. Un jour, sur un coup de tête, elle trompe son mari pour la première fois avec un inconnu. L’adultère vire au cauchemar quand, au lit, l’amant sans nom meurt d’une crise cardiaque.

Hélène s’enfuit, décidée à ne jamais en parler, et surtout, à tout oublier.
Mais dans l’affolement, elle laisse son sac à main avec ses papiers dans la chambre de l'inconnu…
Happée par une spirale infernale, Hélène ira très loin pour sauver les apparences à tout prix.
Jusqu'où ?


Hélène, la cinquantaine, a eu un moment de relâche… Son mari collectionne les aventures, et l’on se dit que quelque part elle a le droit de fauter elle aussi, que son mari n’a qu’à ravaler sa fierté et lui laisser le droit à l’erreur, mais sa femme est bien sous tout rapport, et elle ne peut pas se raviser à ce qui lui arrive… Cette femme a ses faiblesses, et elle fera les mauvais choix.

Une fois de plus, Tatiana de Rosnay m’aura conquise avec cette histoire. La seule chose qui me dérange un peu est le dénouement ouvert à toute possibilité… Cela m’a plutôt donné l’impression qu’elle ne savait pas trop comment terminer son histoire d’une façon futée et plausible, et qu’elle s’en est remis à faire du décalé en nous laissant cogiter à sa place… Je ne suis pas contre ce genre de procédé, mais là j’avoue que terminer cette histoire comme cela m’a un peu gênée…

Mais malgré cette petite déception, j’ai vraiment aimé ce roman. J’aime toujours autant sa façon d’écrire, ses idées, sa façon d’aborder les différents événements… Et j’avoue que le fait qu’elle ait écrit quelque chose d’intense du début à la fin, sans fioriture, m’a énormément plu. Cette auteure arrive à transposer sa très grande sensibilité, et je m’y reconnais à chaque fois. C’est comme ça que j’aime lire les histoires et les écrire, c’est sa plume que j’aime par-dessus tout.

Très belle histoire, très bon livre, hormis la fin qui en décevra plus d’un.


vendredi 23 mai 2014

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

160 pages
18 septembre 2013
Delcourt


Pour échapper à la condamnation qui le menace après avoir été jugé déserteur lors de la Grande Guerre, Paul Grappe, marié à Louise Landy, se travestit en femme et devient Suzanne Landgard. Pendant dix ans, il pousse la dissimulation et le changement d'identité au-delà des genres, prenant plaisir à la bisexualité, l'échangisme ou au proxénétisme occasionnel. Et Louise qui suit. Fidèle. Jusqu'à commettre l'irréparable.


Mauvais genre ou comment se rendre compte que la BD m’a beaucoup manqué ! Oh oui j’ai aimé, mais cela faisait 2 ans au moins que je n’avais plus lu de bande dessinée. Alors plonger dans cette histoire fut un pur bonheur, tant au niveau graphisme qu’au niveau synopsis. Et le tout sous fond de Première Guerre Mondiale et des Années Folles, époques que j’aime beaucoup lire.

Attention, ce livre est assez particulier : l’histoire est directe, les images parfois assez crues, les thèmes abordés peuvent être tabous pour certains lecteurs. En ce qui me concerne, je n’ai vraiment rien à redire. Je n’ai pas eu le coup de cœur et pourtant tout m’a plu dans cette centaine de pages. La lâcheté y est très bien abordée, mais devenir déserteur doit être une décision difficile à prendre. Et voir ses compatriotes mourir sous ses yeux encore pire… Il émane de ces pages dureté, douceur, sensibilité, froideur, violence, compassion, folie… Tout ce que la guerre peut inspirer à ces hommes qui n’ont rien demandé et ces femmes qui doivent vivre, survivre à tout ce malheur…

Je me demandais réellement où toute cette histoire allait aboutir. Je n’ai rien pu imaginer du déroulement (et je n’avais que vaguement lu le résumé, comme je commence à faire de plus en plus souvent, pour éviter de tout connaître avant d’avoir lu) et je dois avouer que l’évolution des personnages, jusqu’à la folie, m’a profondément touchée. Et comme à chaque fois que je lis quelque chose sur la guerre, je reste pensive encore quelques heures durant.

Je suis bien contente que cette bande dessinée ait obtenu un prix. C’est mérité. 


Ce livre fait l'objet d'un challenge organisé avec ma partenaire de blog Anne Sophie.